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samedi 27 mai 2017
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Après le retrait des licences, les employés de GreenN au bord de la crise sociale

La situation des employés de GreenN Côte d’Ivoire est en passe de devenir une véritable crise sociale. Depuis le retrait des licences d’exploitations des services de télécommunications par l’Autorité de Régulation des Télécommunications en Côte d’Ivoire (ARTCI), les employés ne savent plus à quel saint se vouer. La situation qui prévaut fait voguer les espoirs entre une hypothétique attribution de la quatrième licence et une procédure de liquidation qui peine à être exécutée. Hugues Ahounou, président du collectif des travailleurs de GreenN, a confié l’évolution de la situation à La Regionale. 

Attribution de la quatrième licence, le nœud du problème

Après le retrait des licences d’exploitation, ce sont quelques 269 employés qui se retrouvent sans emploi. Face à cette situation, la solution trouvée par le gouvernement n’est rien d’autre que “absorption” de ces employés par un quatrième opérateur, comme l’a souligné le Directeur de cabinet du ministre de l’économie numérique et de la poste, André Augustin Apete sur la plateau journal télévisé de 13h du dimanche 10 avril sur la RTI1 : « Nous insistons pour un 4ème opérateur pour donner la possibilité à ceux-là qui perdront sans doute leur emploi d’avoir une porte de sortie et nous travaillons effectivement à faire en sorte que dans le choix éventuel du 4ème opérateur, l’un des critères soit d’offrir de l’emploi prioritairement à ceux qui l’on perdu suite au retrait de licence télécoms à leur opérateur ».

Responsables du collectif des travailleurs de GreenN-regionale.info

                       Quelques membres du collectif des travailleurs de GreenN (ARCHIVE)

Seulement, depuis plus de 6 semaines, aucune évolution n’est constatée à ce niveau. Et plus le temps passe, plus l’espoir de retrouver leur emploi diminue pour les employés de ces entreprises. De plus, explique Hugues Ahounou, président du collectif des travailleurs de GreenN, il a été procédé à la mise en vente de l’immeuble qui abrite les locaux de GreenN. Cette situation est de nature à faire accroître les inquiétudes.

Divergence de voix et silence des autorités

Si aucune date exacte n’a été donnée concernant la désignation du quatrième opérateur, le fait que les autorités proches du dossier ne parlent pas d’une même voix a tendance à soulever de nombreuses questions. Selon Hugues Ahounou, la véritable question est de savoir quand est-ce que ce quatrième opérateur sera désigné. En effet, poursuit-il, “nous avions rencontré, il y a quelques semaines de cela, le Directeur Générale de l’ARTCI, et il nous avait dit que la procédure pouvait aller jusqu’à la fin de l’année. Par la suite, nous avons rencontré le Directeur de cabinet du ministre de l’économie numérique et de la poste qui nous a dit qu’une décision serait prise dans 1 mois (Ndlr : à la mi-mai), concernant la désignation du quatrième opérateur. Jusque-là il n’y a rien.” Il apparait clairement que le flou existe autour de l’attribution de la quatrième licence. N’aurait-il pas été plus simple de designer cet opérateur avant le retrait des licences aux opérateurs ? Plusieurs observateurs soulèvent cette question.

Lire aussi : Les employés de Comium entament une action en justice contre leurs ex-employeurs

D’un autre côté, depuis le mois d’avril 2016, une procédure de mise en liquidation a été engagée et devait être prononcée le 12 mai 2016, suite à la situation de règlement préventif (2012 – 2015) dans laquelle GreenN se trouvait. A cette date (12 mai), alors que le juge et toutes les parties étaient présentes au tribunal, il était impossible de trouver la greffière du tribunal, explique Hugues Ahounou. Et de poursuivre que “l’on ne veut pas designer le liquidateur”. Elle a été reportée au 19 mai 2016, au tribunal de première instance d’Abidjan.
Pour les agents de GreenN, la décision de désignation du liquidateur sera la bienvenue dans la mesure où elle leur permettra d’avoir un interlocuteur vers qui ils pourront se tourner pour pouvoir réclamer leurs droits. D’autant plus que les contrats de travail n’ont pas encore résiliés par les employeurs.

Dans l’espoir d’une reconnaissance de leurs droits par leur employeur, les employés continuent de multiplier des tentatives auprès des autorités (ministère de l’emploi et de la protection sociale, commission des affaires sociales de l’assemblée nationale, conseiller du président chargé des télécommunications), afin que ceux-ci se tournent vers leur situation afin de faire avancer les choses. A cet effet, Hugues Ahounou lance un message au nom du collectif des travailleurs de GreenN :

« Nous tirons la sonnette d’alarme pour que l’opinion, les autorités se penchent sur notre situation parce que nous sommes les laisser pour compte. Le président a pris des mesures fortes le 1er mai mais personne n’a pensé à nous. Nous avons des collègues qui sont dans des situations dramatiques aujourd’hui. D’autres sont malades, d’autres encore ont leurs enfants qui ne peuvent plus aller à l’école [ ] Nous vivons une crise sociale.”




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