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dimanche 24 septembre 2017
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CÔTE D’IVOIRE : Le laborieux combat contre les sachets plastiques

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Le 22 mai 2013, le gouvernement Ivoirien prenait un décret pour lutter contre la production, l’utilisation et la commercialisation des sachets plastiques. Plus de 4 ans après, son application effective reste mitigée sur le terrain. La ministre de la Salubrité, de l’Environnement et du Développement durable, Anne Désirée Ouloto, veut continuer le combat.


Depuis la prise du décret interdisant la production, l’utilisation et la commercialisation des sachets plastiques, force est de constater que rien n’a vraiment changé. Il est toujours possible de se procurer des sachets plastiques, pour peu que l’on connaisse les réseaux qui les distribuent, car ils continuent bel et bien d’exister. Les actions du gouvernement avaient portées sur une phase de sensibilisation, avant de rentrer dans sa phase de répression. Dans les grandes surfaces telles que les supermarchés et les pharmacies, les sachets plastiques ont tout simplement été remplacés par des sachets et sacs biodégradables. Les consignes du gouvernement sont donc suivies. Par contre, dans les marchés, boutiques et autres commerces, les sachets plastiques continuent de circuler.

 

 

 Anne Désirée Ouloto, ministre de la Salubrité, de l’Environnement et du Développement durable

               Anne Désirée Ouloto, ministre de la Salubrité, de l’Environnement et du Développement durable /  © DR

Sur le terrain, la Brigade de Salubrité de l’Agence Nationale de la Salubrité Urbaine (Anasur) procède à des opérations de confiscation de matériel des industriels qui s’adonnent à cette pratique. C’est le cas de la Société Internationale de fabrication d’articles divers (Socifad), une fabrique de plasturgie, dont les installations ont été fermées en avril dernier, lors d’une opération de routine de la Brigade de l’Anasur.

Sur le plan pénal, les textes stipulent que toute violation des dispositions du décret est punie par :

  • La loi n° 81-640 du 31 juillet 1981 instituant le Code pénal, notamment en son article 328
  • La loi n° 88-651 du 7 juillet 1998 portant protection de la santé publique et de l’environnement contre les effets des déchets industriels toxiques et nucléaires et des substances nocives
  • La loi n° 96-766 du 3 octobre 1996 portant Code de l’Environnement et tout autre texte législatif et réglementaire en vigueur

 

Pour la ministre de la Salubrité, de l’Environnement et du Développement durable, Anne Désirée Ouloto, qui s’exprimait à l’occasion de la commémoration officielle de la journée mondiale sans sachets plastiques, le 8 juillet dernier, il faut que le combat soit poursuivi :

« Il nous faut donc, ensemble, poursuivre notre combat pour un monde sans sachets plastiques dangereux. Nos initiatives doivent être encouragées, renforcées et poursuivies, car il s’agit bien d’un processus irréversible », a-t-elle expliqué.

Les conséquences de l’usage des sachets plastiques sont nombreuses. Au-delà de l’agriculture, des animaux qui sont menacés, c’est le cadre de vie des populations qui est radicalement modifié. Dans la commune de Koumassi par exemple, les déchets plastiques accélèrent les inondations par temps de pluie. A ce propos, porte-parole du gouvernement, Bruno Nabagné Koné, avait soutenu que « le pont d’Anoumabo qui reçoit toutes ces eaux usées [NDLR : celles de Koumassi] est bouché par les déchets solides. Ces tonnes de déchets équivalent à six mois de déchets solides produits par toute la ville d’Abidjan ». Les déchets plastiques menacent donc directement la vie des populations. La menace est bien réelle.

L’incivisme des populations a aussi une part importante dans la prolifération des déchets plastiques. Des sachets abandonnés sur la voie publique, ont de fortes chances de se retrouver dans des canalisations, et contribuer plus tard à obstruer le passage des eaux de ruissellement.

Lire aussi : Une usine de traitement de déchets plastiques sera bientôt construite à Abidjan

Un autre aspect qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est la reconversion des sociétés qui interviennent dans l’industrie des sachets plastiques. Interdire ces sachets, c’est impacter leurs activités. Le Ministre du Commerce de l’Artisanat et de la Promotion des PME, Souleymane Diarrassouba, présent à cette cérémonie, a relevé la nécessité d’encourager les industriels à faire le pas de la reconversion, qui est selon lui une « opportunité [ ] en termes de débouchés » :

« Il convient de promouvoir les alternatives aux emballages nocifs et d’encourager nos artisans mais également les unités industrielles implantées dans nos régions à produire des emballages en papier, les sacs en tissu ou en jute, les paniers en raphia ou en sachet biodégradable » a-t-il suggéré.




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