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jeudi 23 novembre 2017
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Déraillement de train à Eseka : les raisons de l’accident peinent à être déterminées

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Le vendredi 21 octobre 2016, le déraillement d’un train dans la ville d’Eseka, à environ 120 km de Yaoundé (Cameroun) s’est soldé par un bilan très lourd : 79 morts et 600 blessés. Une semaine après ce drame, de nombreuses questions n’ont toujours pas réussi à trouver des réponses claires et les responsabilités ont du mal à être situées.

Huit « voitures » en plus

Le drame occasionné par le déraillement d’un train de la compagnie Camrail, dont le Français Bolloré est l’actionnaire majoritaire, n’aurait certainement jamais eu lieu si le pont qui relie la ville de Yaoundé à Douala ne s’était pas écroulé. En effet, c’est du fait de l’impossibilité de rejoindre la capitale Camerounaise par la route, que le nombre de voyageur par le train est devenu si important ce jour-là. Suite à ce flux de voyageur, la décision a été prise par la direction de la Camrail de rajouter huit voitures à la locomotive (17 voitures au total), pour accroitre la capacité du train. Selon les informations communiquées après l’accident, 1300 personnes se trouvaient à bord lorsque l’accident s’est produit.

Après ce drame, le Président Paul Biya a décrété un jour de deuil national : « J’ai demandé au gouvernement de fournir une aide totale pour les survivants, tandis que les enquêtes seront faites pour déterminer la cause du déraillement », a-t-il ajouté.

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                          79 personnes ont perdu la vie et 600 autres ont été blessées / © DR

Deux enquêtes ouvertes, pour mettre fin aux spéculations

Mais pour les nombreux rescapés en état de choc et pour les familles des victimes, le plus dur venait de commencer. Tout d’abord, vu le nombre important de voyageurs, mais aussi du fait de la complexité de l’accident, il était difficile d’identifier formellement les victimes et l’attente, surtout sans informations, fut pénible. Deux enquêtes, l’une judiciaire et l’autre gouvernementale, ont été ouvertes après le drame. Depuis lors, en attendant les résultats de cette enquête, les spéculations vont bon train quant aux causes de l’accident.

Selon Eric Melet, président de Bolloré Africa Railways, il ne faut pas exclure la thèse d’une vitesse trop élevée : « Sur une partie du parcours en approche de la gare où s’est produit le déraillement, on a des vitesses qui sont anormalement élevées par rapport aux vitesses qu’on devrait avoir », a-t-il précisé. De nombreux témoignages révèlent aussi que le train devait avoir atteint les 90 km/h alors que sa vitesse devrait être beaucoup plus basse.

Hors mis la thèse de la vitesse, c’est aussi l’état même du train qui est remis en cause par certains passagers. D’ailleurs, un employé de la Camrail qui s’est confié, anonymat gardé, à RFI, dénonce une négligence de la part de l’entreprise :

« Moi je dis sans ambages que cet accident est un accident lié à la négligence, à la mauvaise maintenance de notre matériel roulant, des engins moteurs, et à l’ignorance de ce que les praticiens apportent comme suggestions pour que les choses s’améliorent » et de poursuivre que « Les conducteurs, les techniciens de la voie, les techniciens du matériel, c’est-à-dire ceux qui font la maintenance de nos wagons, etc., tout le monde le sait dans cette entreprise que ça va mal depuis des années, et on manque cruellement de pièces de rechange. Donc on fait circuler la plupart de nos trains au petit bonheur. Je m’excuse d’être assez dur, mais c’est cela la vérité, c’est la réalité. Les trains circulent vraiment dans des conditions extrêmement dangereuses ».

Pour l’heure, en attendant les conclusions des enquêtes, l’assistance aux victimes demeure la priorité. Une « cellule d’assistance aux passagers » a été mise sur pied.

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