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mercredi 12 décembre 2018
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Athlétisme: « Il nous a demandé de lui verser 2,5 millions de shillings »

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Après l’instance internationale, c’est au tour du Kenya de se retrouver dans un tourbillon.

Deux athlètes kényanes, suspendues pour dopage lors des Mondiaux 2015, affirment que le directeur de leur fédération leur a demandé 2,5 millions de shillings (21.400 euros) chacune pour réduire leur suspension.

Les athlètes kényanes, Francisca Koki Manunga (400 m haies) et Joyce Zakari (400 m) avaient été contrôlées positives à un produit interdit, lors des Mondiaux de Pékin en août 2015. Fin novembre, la Fédération kényane les suspendait pour quatre ans. Le 16 octobre 2015, un mois avant que leur suspension ne tombe, « le directeur général de la Fédération kényane, Isaac Mwangi, nous a demandé de lui verser 2,5 millions de shillings » (21.400 euros) en échange de suspensions allégées, a affirmé jeudi à l’AFP, Francisca Koki Manunga.

 » Nous n’avions pas les moyens de débourser une telle somme d’argent. Pour ma part, je n’ai jamais vu autant d’argent de ma vie », a-t-elle ajouté. « Nous avons trouvé que c’était injuste de la part d’un officiel de nous demander de l’argent, alors même que nous étions dans une situation désespérée », dans l’attente de la décision concernant leur suspension, a-t-elle souligné.

Les deux athlètes expliquent ne pas avoir déposé de plainte auprès de la police, faute de preuve irréfutable et aussi par craintes de représailles.

Interrogé par l’AFP, Isaac Mwangi Mwangi a réagi en qualifiant cette accusation de «farce» et a assuré n’avoir jamais rencontré les deux athlètes dans un cadre privé : « Ce n’est pas vrai. Je ne leur ai pas demandé d’argent ».

Isaac Mwangi affirme n'avoir jamais rencontré les deux athlètes

Isaac Mwangi affirme n’avoir jamais rencontré les deux athlètes

La Fédération kényane, dans un communiqué, a rappelé que les deux sprinteuses n’avaient pas fait appel de leur suspension, alors qu’elles en avaient la possibilité. « Elles ont préféré prendre une voie plus simple, en diffamant des personnes et la Fédération, par le biais de fausses accusations », poursuit le communiqué.

 

Une première au Kenya 

C’est la première fois que des athlètes kényans portent publiquement des accusations aussi lourdes contre leur fédération. Et les deux sprinteuses ne comptent pas en rester là : elles se disent prêtent à témoigner devant la commission d’éthique de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), qui enquête actuellement sur plusieurs hauts responsables de l’AK.

« Nous espérons de tout notre cœur que nous serons entendues, car nous pensons que de nombreux autres athlètes ont été confrontés au même dilemme », à savoir céder ou non au chantage, a déclaré Francisca Koki Manunga.

Récemment, un membre de la famille d’une des stars de l’athlétisme kényan confiait à l’AFP que celle-ci avait été approchée dans les mêmes circonstances par un responsable de la fédération qui lui demandait quelque 200.000 euros pour atténuer une suspension pour dopage.

Le Kenya est mondialement renommé pour ses athlètes et ses marathoniens. Le pays a terminé en tête au tableau des médailles des Mondiaux-2015 d’athlétisme à Pékin, pour la première fois de son histoire, avec sept médailles d’or, six d’argent et trois de bronze.

Mais l’athlétisme kényan traverse une crise profonde, touché à la fois par le dopage et de très forts soupçons de corruption.

Début décembre, la commission d’éthique de l’IAAF avait annoncé la suspension provisoire de trois responsables de la Fédération kényane, dont son président Isaiah Kiplagat, « dans l’intérêt de l’intégrité du sport ».

Les deux autres responsables provisoirement suspendus sont David Okeyo, vice-président de l’AK et membre du conseil de l’IAAF, et Joseph Kinyua, trésorier de l’AK.

Les investigations de la commission d’éthique portent sur des faits de « subversion présumée du processus de contrôle antidopage au Kenya et détournement présumé de fonds reçus par l’AK de la part de (l’équipementier sportif) Nike ».



Journaliste-Blogueuse sportive


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