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Interview avec Alain Ambrosino : « je suis extrêmement déçu par beaucoup de personnes »

A quelques jours du mythique rallye de Bandama, première épreuve du championnat de cette discipline sportive en Côte d’Ivoire, Alain Ambrosino, président de la Fédération ivoirienne de Sport Automobile, a accordé une interview à notre rédaction dans laquelle il donne quelques grands noms de pilotes internationaux qui prendront part à ce 45e Bandama. L’homme de 68 ans s’est également prononcé sur son avenir à la tête de la FISA.

nous sommes en train de sortir le calendrier et on devrait avoir 8 à 9 épreuves cette année_Regionale.info

nous sommes en train de sortir le calendrier et on devrait avoir 8 à 9 épreuves cette année ©Landry Konan

Régionale.info : Bonjour Président. Quel bilan faites-vous de la saison 2018 du rallye ivoirien ?

Alain Ambrosino : La saison a été positive. On a eu de beaux champions en 2018. Gary qui est, à nouveau, champion de Côte d’Ivoire, un nouveau champion en 2 roues (Claude Macquet), suivi de Thierry Pansolin (2e) et Fofana Souleymane (3e) ; ce qui montre la progression des jeunes. Pas d’incidents majeurs, une organisation de tous nos rallyes locaux tout à fait corrects, pas trop de loupés. J’ose donc espérer que la saison 2019 sera aussi bonne.

R.I : La sécurité qui est votre arme forte, est-ce que ça a été en 2018 ?

A.A : Oui, absolument ! Et on n’a pas à se plaindre. Les organisateurs jouent le jeu avec les conseils donnés par la fédération, et ça se passe bien. On a nos ambulances qui sont en place, ils jouent le jeu à fond et il n’y a rien à dire de ce côté-là.

R.I : Qu’est-ce que la FISA prévoit pour la saison entière ?

A.A : Nous commençons déjà par le Bandama. Ensuite, nous sommes en train de sortir le calendrier et on devrait avoir 8 à 9 épreuves cette année ; peut être beaucoup pour nos pilotes, mais ils ne sont pas obligés de tout faire. Mais on espère avoir une belle saison avec de nouveaux circuits, de nouveaux endroits et de belles courses en perspective.

R.I : Nous avons entendu parler d’une épreuve qui devrait se dérouler à Bouaké…

A.A : Il est possible. Bouaké, on aimerait bien revenir sur cette ville, dont je connais particulièrement les pistes. Il y a des secteurs très compétitifs et extraordinaires. En plus de cela, on a l’avantage d’avoir beaucoup moins de circulation que dans d’autres coins du pays, et j’espère que le pari sera tenu et qu’on organisera un rallye sur Bouaké.

R.I : Cette année, la Côte d’Ivoire célèbre les 50 ans du rallye de Bandama. Qu’est-ce que la FISA prévoit pour cette occasion ?

A.A : Le premier rallye du Bandama a eu lieu en 1969. Fort malheureusement, pour divers raisons, il n’y a pas eu 50 éditions. Mais on marquera le coup en faisant quelque chose, lors du rallye de Bandama 2019.

R.I : Concrètement, qu’est-ce qui est prévu pour cette occasion ?

A.A : Il y aura une petite fête pour marquer l’évènement, mais les 50 ans, ça sera au mois de décembre. Et le plus important se fera à la remise des prix de fin du championnat. Mais on marquera le coup et on rappellera à tout le monde que le premier Bandama a eu lieu il y a 50 ans. Par la même occasion, je tiens à rajouter qu’il y a 50 ans, c’était mon premier rallye.

sachez que nul n’est indispensable, et surtout Alain Ambrosino ! On me l’a suffisamment dit_Regionale.info

sachez que nul n’est indispensable, et surtout Alain Ambrosino ! On me l’a suffisamment dit ©Carine Kassi

R.I : L’année dernière, nous avons eu Péterhansel au Bandama. Cette année, quels sont les pilotes internationaux qui participeront à cette première étape du championnat ivoirien ?

A.A : Et bien cette année, on peut presque l’appeler monsieur record, parce que nous aurons la chance d’avoir Romain Dumas avec un copilote extraordinaire, Denis Giraudet, qui a un palmarès énorme. De son côté, Romain a gagné les 24 heures du Mans à plusieurs reprises. Ce sont des pilotes de renoms, et Romain, au niveau des records, il a celui de Pikes Peak qui est quelque chose d’extraordinaire, parce que je connais personnellement ce circuit et cette montagne. Et c’est déjà magnifique. Mais il a d’autres records derrière lui, et il en battra encore cette année. C’est un pilote de renom, peut-être moins connu, certes, que Stéphane Péterhansel, mais c’est un grand pilote.

R.I : Pour cette nouvelle édition du Bandama, les pistes sont-elles restées les mêmes ?

A.A : Ah non, absolument pas ! On a refait à 80% le circuit. Déjà, on a de nouvelles pistes, un peu plus de secteurs compétitifs et sélectifs, puisque nous sommes à près de 270 kilomètres, un peu moins de secteurs de liaisons. Donc j’espère que ça sera une bonne épreuve.

R.I : Vous êtes pratiquement à la fin de votre mandat, quel bilan faites-vous de ce temps passé à la tête de cette fédération ?

A.A : Je pense que ça a été relativement positif. J’ai qu’un seul regret, c’est un peu une défaite, c’est celui de n’avoir pas pu ramener le rallye du Bandama au championnat du monde. Fort malheureusement, on a tout fait pour se battre, on a le terrain, on a tout ce qu’il faut, mais le seul problème, c’est qu’on n’avait pas le financement pour l’obtenir. Mais j’espère que, dans un avenir proche, on aura la possibilité de le faire.

R.I : Est-ce qu’on peut espérer un autre mandat d’Alain Ambrosino à la tête de la FISA ?

A.A : Aujourd’hui, non ! Parce que je suis extrêmement déçu par beaucoup de choses et par beaucoup de personnes, etc… on est constamment critiqué, je pense que c’est assez négatif de ce côté-là. A force de prendre des coups, on finit par baisser un peu l’échine et c’est le cas actuellement.

R.I : Si vous partez de la FISA, est-ce que vous pensez que la relève est assurée pour hausser le niveau du rallye de Côte d’Ivoire ?

A.A : J’ose l’espérer ! De toutes les manières, sachez que nul n’est indispensable, et surtout Alain Ambrosino ! On me l’a suffisamment dit, donc je pense qu’il y a des personnes à même de pouvoir gérer la fédération ici en Côte d’Ivoire. Je ne pense pas que ce soit un grand un problème de trouver quelqu’un  qui puisse prendre la suite.

R.I : Très souvent, vous avez côtoyé de grands noms du rallye international. Qu’est-ce qu’ils disent du rallye de Côte d’Ivoire ?

A.A : Ils sont nombreux mes amis, entre autres Ari Vatanen, qui n’a qu’une seule envie, c’est de revenir en Côte d’Ivoire, après l’expérience qu’il en a eu il y a de très longues années. C’est son souhait et j’espère qu’il le réalisera. Il y en a d’autres qui souhaitent venir, peut être pour un autre rallye autre que le rallye de Côte d’Ivoire, qui passera peut être en Côte d’Ivoire. J’ai beaucoup de pilotes qui sont intéressés par leur venue ici.

R.I : Votre mot de fin au terme de cette interview ?

A.A : J’espère qu’on aura une bonne année, que le Bandama se passera de façon magnifique, que la fête sera belle et surtout que nos pilotes soient satisfaits de cette épreuve phare, et également des compétitions locales que nous organisons tout au long de l’année.

 

Interview réalisée le 25 janvier 2019



Journaliste-Blogueuse sportive


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