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dimanche 9 décembre 2018
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Le « G5 du Sahel » lutte contre les groupes armés terroristes sur l’ensemble de la bande Sahélo-Saharienne

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La coopération régionale progresse à la réunion du G5 du Sahel, à Ndjamena, au Tchad, durant la semaine du 29 février 2016.

g5

Créé le 1er août 2014 à l’initiative des chefs d’États de la région sahélo-saharienne, le « G5 du Sahel » regroupe cinq pays de la Bande Sahélo-Saharienne (BSS) : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Il est « un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale, destiné à coordonner les politiques de développement et de sécurité de ses membres ».

Auprès du G5, la France occupe une place particulière, comme « partenaire stratégique ayant toujours soutenu les pays du Sahel dans leurs actions de lutte contre le terrorisme ». L’opération Barkhane, initiée le 1er août 2014, afin d’empêcher la reconstitution de sanctuaires terroristes dans la sous-région, à la suite de l’opération Serval, déclenchée le 11 janvier 2013 pour mettre fin à l’organisation industrielle du terrorisme développée dans le désert du Nord-Mali, à la demande du gouvernement malien, constitue le volet militaire de la stratégie sahélo-saharienne de la France et « vise à ce que les États partenaires acquièrent la capacité d’assurer leur sécurité de façon autonome ».

Le fondement de l’opération Barkhane est en effet la notion de partenariat, visant à « favoriser l’appropriation, par les partenaires du G5 du Sahel, de la lutte contre les Groupes Armés Terroristes (GAT) sur l’ensemble de la BSS ». Le but étant d’« asphyxier » les GAT par l’interception des flux logistiques et de contribuer ainsi à la mise en œuvre d’un dispositif de sécurité collective dans la BSS, dans la mesure où sa nature désertique requiert une approche régionale de sa stratégie.

L’esprit du G5 vise ainsi à favoriser l’alliance entre sécurité et développement, selon son secrétaire permanent, Najim El Hadj Mohamed, et se réunit régulièrement depuis sa création, afin de faire progresser la pacification de la sous-région par le développement et la sécurité collectifs et d’éviter que les trafics illicites se substituent à l’économie réelle.

Une réunion du Comité de défense et de sécurité du G5, au niveau des chefs d’état-major des armées des pays membres, s’est tenue à Ndjamena les 2 et 3 mars 2016. La capitale tchadienne a par ailleurs accueilli un Conseil des ministres de la Défense du G5, le vendredi 4 mars 2016. Celui-ci s’est prononcé sur les décisions prises par les experts et les hautes autorités militaires des pays membres en matière de coopération transfrontalière, mais aussi pour fluidifier l’échange de renseignements avec un projet de centre régional de renseignements généraux.

Marqués par les attentats du 20 novembre 2015, à Bamako, les chefs d’État du G5 avaient poussé les responsables politiques à annoncer la création d’une force anti-terroriste conjointe, dont les contours restaient encore flous. « La première étape fonctionnelle de cette force » consiste dans des opérations militaires transfrontalières, au nombre de onze réalisées à ce jour. La dernière d’entre elles, l’opération « Gabi » (Force) est en cours à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso, mobilisant 300 militaires maliens, burkinabé et français, avec un poste de commandement à Sévaré-Mopti, dans le centre du Mali.

Cette réunion du 4 mars 2016 a toutefois permis d’avancer, par l’adoption tout d’abord d’une stratégie pour combattre le terrorisme au Sahel, l’expérience espagnole pour combattre l’organisation séparatiste basque d’ETA ayant été adoptée par les pays membres, et secondement, par la création d’une force spécialisée dans la lutte contre le terrorisme. « Il s’agit d’une expérience du Royaume d’Espagne qui a réussi dans le cadre de la lutte contre l’ETA », selon le secrétaire permanent du G5 du Sahel, Najim El Hadj Mohamed et d’ajouter qu’« il s’agit de petits bataillons d’une centaine d’éléments équipés, formés, mobiles et rapides, le long des endroits les moins peuplés où sévissent les terroristes. Du moment que ça a apporté de très bons résultats, il est question de voir comment on pourrait répliquer cette expérience au niveau de l’ensemble de nos Etats ».

La question des poursuites sur des territoires étrangers pour les forces armées d’un pays restait encore problématique. Les discussions s’établissaient d’ailleurs encore bilatéralement et non pas au niveau du G5. La suppression des visas pour les acteurs du G5 a toutefois été décidée pour fluidifier les déplacements entre les membres du G5.

L’élaboration d’un réseau Internet sécurisé fait l’objet d’un travail commun actuellement au sein du G5, afin de fluidifier le partage et l’échange de renseignements. Un expert français considère qu’« il faut mettre en place les tuyaux, et après les forces de sécurité se parleront et échangeront ».

Le G5 doit être un catalyseur opérationnel, à tel point que certains envisagent même une compagnie aérienne transsahélienne pour faciliter les déplacements Est-Ouest réguliers en Afrique. Il est aussi question de projets alliant sécurité et développement par la construction de routes entre les différents pays membres du G5. La canalisation des flux est en effet un moyen d’accroître le développement économique et d’augmenter la sécurité des citoyens de chacun des Etats membres.

Le Comité de défense et de sécurité a décidé de l’installation de l’Ecole régionale de guerre à Nouakchott, en Mauritanie, pour lequel il est encore nécessaire de trouver les fonds. Une table-ronde des partenaires financiers est toutefois inscrite à l’ordre du jour de la prochaine réunion en mai prochain.

L’autre projet ambitieux est le Centre sahélien d’analyse des menaces et d’alerte précoce, bénéficiant du soutien de l’ONU. Il est question de l’installer au Collège sahélien de sécurité de Bamako, jusqu’alors itinérant, mais dont il a été décidé de le sédentariser à Bamako, avec une aide de 7 millions d’euros de l’Union européenne.

Le décret adopté mercredi 2 mars 2016 par le gouvernement ivoirien, en Conseil des ministres, portant création d’un mécanisme de prévention de menaces sur la sécurité, baptisé « Centre de coordination du mécanisme de réponse à l’alerte précoce » destiné à anticiper toutes les menaces sur la sécurité nationale s’inscrit vraisemblablement dans ce cadre plus général de la BSS. Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Nabagné Koné a ainsi expliqué, à l’issue de ce Conseil des ministres, que ce nouvel instrument aura pour mission d’« identifier les prémices de menaces potentielles à la paix et à la sécurité, et ensuite de coordonner les réponses à ces menaces » et que « ce décret intervient dans le cadre de la politique de prévention des menaces sécuritaires auxquelles est confronté notre espace communautaire, à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) », notamment le terrorisme, la piraterie maritime, la criminalité transfrontalière, et d’autres trafics, a-t-il poursuivi. Ce centre sera constitué de deux organes, à savoir un Conseil statutaire présidé par le Premier ministre et une direction. Il est ainsi difficile de ne pas établir un lien de cause à effet entre l’adoption de ce décret durant la semaine où se déroule la réunion du G5 à Ndjamena, bien que la Côte d’Ivoire n’en soit pas membre, et la mission effectuée à Paris par le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, la semaine précédente, ayant entre autres porté sur ces questions.

La sécurité collective semble prendre forme sur la zone de la BSS, avec des prolongements à ses frontières, comme avec la Côte d’Ivoire. La BSS se dote ainsi progressivement d’un cadre institutionnel opérationnel de développement et de sécurité collective, de nature à permettre à l’avenir une mutualisation des moyens capacitaires au meilleur bénéfice des citoyens respectifs des États membres du G5. Au travers de ce cadre, les États membres du G5 parviendront-ils peut-être ex nihilo à mettre en œuvre ce que les européens ont tant de mal à construire compte tenu de leur histoire respective.




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