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jeudi 29 juin 2017
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Liberia : Le problème du foncier risque de plonger le pays dans une nouvelle guerre civile

Les démons seraient-ils de retour au Liberia ? Le problème du foncier dans le pays risque de faire surgir une nouvelle guerre civile. C’est en tout cas la crainte des organisations de la société civile qui estiment que l’échec de l’adoption d’une loi reconnaissant les droits des communautés rurales sur leurs terres ancestrales pourrait faire basculer le pays dans une guerre civile.

Le projet de loi sur la propriété foncière, qui a été soumis au corps législatif en septembre 2014, a connu peu d’avancées et pourrait, s’il n’était pas adopté avant le mois d’août, voir son étude être reporté à l’année prochaine, après l’élection présidentielle. « L’échec de la reconnaissance des droits de milliers de Libériens sur ces terres pourrait mettre en péril la paix et la sécurité et alimenter le retour des conflits qui ont dévasté notre pays pendant des décennies », a estimé le groupe de travail des organisations de la société civile sur les questions foncières.

MONROVIA, 20 mai 2013 @Copyright : Prince Collns Irin

MONROVIA, 20 mai 2013 @Copyright : Prince Collns Irin

Au Liberia, la propriété relève de la Common Law, qui exige que le propriétaire soit en possession d’un titre de propriété. Mais il existe aussi un système parallèle fondé sur l’accord verbal, ce qui entraîne une confusion généralisée autour de la question de la propriété des terres. En conséquence, les propriétaires terriens vendent souvent leurs terres à plusieurs acheteurs, ce qui engendre des conflits.

Selon l’agence américaine pour le développement international (Usaid), plus de la moitié des Libériens vivent sur des terres dont la propriété est définie par des lois coutumières. Cependant les concessions réalisées par l’Etat ont permis aux multinationales de prendre le contrôle de grandes superficies pour la production de bois, l’exploitation minière et l’agriculture. Cette prise de possession s’est faite en ignorant les droits des communautés vivant sur ces terres, ce qui est source de tensions. Par exemple, les exploitations minières et agricoles se pratiquent sur quelque 4000 kilomètres carrés qui sont occupés par des communautés allogènes.

Commentant cette situation, Solange Bandiaky-Badji, directrice pour l’Afrique de Rights and Resources Initiative (RRI), déclare :

si les leaders libériens tentent d’amorcer le développement du pays en vendant les terres communautaires au plus offrant, le prix à payer sera encore l’instabilité et les conflits .

Toutefois, la Commission s’efforce de mettre en place un meilleur régime d’enregistrement foncier afin que les citoyens accèdent plus facilement aux documents de propriété foncière et aient au minimum connaissance de leur régime de propriété légal. Elle a également soumis un projet de loi de transmission illégale au Parlement libérien pour juger les personnes suspectées d’avoir vendu plusieurs fois les mêmes terres.




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