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mardi 25 avril 2017
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Procès de Simone Gbagbo ou l’histoire d’un jugement à multiples rebondissements

Simone Gbagbo n’est pas coupable de « crime contre l’humanité », « crime contre les prisonniers de guerre » et « crimes contre les populations civiles », commis lors de la crise post-électorale (2010-2011), qui a fait un peu plus de 3000 morts. Au terme  d’un procès fleuve,  l’ex première dame ivoirienne, jugée depuis le 31 mai, a été acquittée de toutes ces charges, mais ne se voit pas libre pour autant. Elle a écopé, il y’a deux ans de 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ». Retour sur un procès à multiples rebondissements.

Prévu pour se tenir sur un mois, le procès de l’épouse de l’ex président ivoirien s’est finalement étalé sur  11 mois, durant lesquels l’on est allé de rebondissement à rebondissement.

Un procès sans les organisations de défense des droits de l’homme

Dès le début du procès, les organisations de défense des droits de l’homme sont montées au créneau pour dénoncer un jugement « organisé à la va-vite ». Ces organisations, parties civiles au procès de l’ex-première dame, qui représentent « près de 250 victimes » de la crise post-électorale, disent avoir du mal à défendre le dossier, du fait de plusieurs manquements.

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Nos avocats n’ont pas eu accès à toutes les étapes de la procédure. N’y ayant pas eu accès, sur quelle base vont-ils défendre leurs dossiers (…) Cela ne servira à rien d’aller faire de la simulation, explique le président de la LIDHO, cité par l’AFP.

Monsieur Adjoumani s’explique mal le fait que Mme Gbagbo soit la seule à être jugée pour crime contre l’humanité

 « elle est accusée de crime contre humanité, un acte qu’elle aurait commis en bande organisée, alors pourquoi est-elle jugée seule ? » s’interroge le président de la LIDHO.

simone Gbagbo – Regionale.info

La santé fragile de l’accusée au centre des débats

Le 1er juillet 2016, après environ 1  mois de procès, Simone Gbagbo est internée à la clinique du fait de son taux de glycémie qui était au plus bas. Dès lors s’en est suivie une série de débats entre le procureur et la défense, notamment autour des soins reçus par l’ex première dame. Ainsi, les avocats de Simone Gbagbo ont dénoncé une négligence dans les soins de cette dernière.

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« Elle a pourtant besoin de soins réguliers. On ne va pas juger un cadavre », Martèle Me Rodrigue Dadjé.

Une assertion battue en brèche  par le procureur général.

« Le parquet général s’insurge contre les allégations des conseils de Mme Simone Gbagbo, qui en plus de méconnaître les efforts pour préserver la santé de Mme Simone Gbagbo, visent à jeter le discrédit sur le gouvernement », rétorque-t-il.

Le mécontentement des avocats

Simone Gbagbo à l’ouverture des assises – Regionale.info (DR)

 

Le procès de celle que l’on surnomme « la dame de fer » s’est terminé avec des avocats commis d’office pour sa défense. Lesquels d’ailleurs ne se sont pas rendus à la dernière audience, dénonçant un procès « expéditif » et la disparition d’environ 10.000 pièces dans le dossier.

Apparemment le vin est tiré(…) nous  n’avons pas reçu les pièces, nous n’avons pas obtenu que le débat revienne. On n’a plus rien à faire là-bas », a dénoncé l’un des avocats.

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Avant eux, c’est l’équipe de Me Ange Rodrigue Dadjé qui avait « claqué » la porte des assises. En cause, le refus de la cour de faire comparaître certaines personnalités en qualité de témoins. Il s’agit de MM Bredou M’bia (DG Police nationale), Jeannot Ahoussou Kouadio (ex-premier ministre), Charles Diby Koffi (Président du Conseil Economique et Social), les Généraux Philippe Mangou(EX CEMA), Edouard Kassaraté (ex chef de la gendarmerie), Guillaume Soro (président de l’Assemblée nationale et ancien chef de la rébellion).

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Cette pomme de discorde, à la base de plusieurs reports, avait pourtant fait l’objet d’un accord.

« Je viens de claquer la porte des Assises de Mme Simone Gbagbo qui remettent en cause les droits de la défense et l’accord obtenu avec le Bâtonnier et le Procureur Général. Ma dignité et les droits de la défense restent primordiaux pour moi et je ne transigerai pas la dessus », avait déclaré Me Dadjé.

Lequel d’ailleurs qui, même s’il salue l’acquittement de sa cliente, campe sur sa position concernant, selon lui, le climat non équitable du procès.

 « L’environnement du procès ne nous a pas rassuré. Un, les organisations de défense des droits de l’homme ont décidé de ne pas participer à ce procès. Deux, les avocats de la défense ont décidé de se retirer parce que la juge ne voulait pas mettre les acteurs des faits à la disposition de la justice pour qu’on ait leur version des faits. Trois, les avocats commis d’office de façon indépendante par le barreau ont décidé de se retirer. Donc les conditions du procès n’étaient pas sereines et équitables. »



Web redacteur ; Journaliste Radio


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