11 avril 2011 : Fin de la pire crise militaro – politique de la Côte d’Ivoire

Le 11 avril 2011, il y a 5 ans jour pour jour, la Côte d’Ivoire tournait la page de l’une des plus graves crises de son histoire. Les Ivoiriens ont encore en mémoire l’arrestation de Laurent Gbagbo, au terme de plusieurs semaines de combat, mettant ainsi fin à la crise post électorale de 2010-2011 , qui a officiellement plus de 3000 morts.

Laurent gbagbo 02
                                                                                  Arrestation de Laurent Gbagbo

Quand les élections ne résolvent rien

L’on croyait à l’époque que l’organisation des élections présidentielles d’octobre 2010 allait mettre définitivement fin à 10 ans d’instabilité politique due à la rébellion de septembre 2002. D’ailleurs, le calme qui avait régné durant le premier tour des élections, qui se sont deroulés le 31 octobre 2010, allait conforter l’espoir des Ivoiriens. C’était sans compter sur la suite des événements, notamment, le second tour (28 novembre 2010) opposant le Président sortant Laurent Gbagbo, au candidat du Rassemblement des Houphouëtistes Démocratie et la Paix, Alassane Ouattara. Tout va dégénérer lorsque, les électeurs auront face à eux deux résultats, annonçant deux présidents. En effet, le 02 décembre 2010, soit 1 jour après le délai légal (3 jours) accordé à la Commission Électorale Indépendante (CEI) pour la proclamation des résultats provisoires, le Président de cette institution, Youssouf Bakayoko annonce au Golf Hôtel d’Abidjan, la victoire d’Alassane Ouattara avec 54,10 % des voix, contre 45,90 % pour Laurent Gbagbo, avec un taux de participation de 81,1 %.

Le lendemain, c’est au tour du Conseil constitutionnel, avec à sa tête, Paul Yao N’dré, de livrer ses résultats donnant Laurent Gbagbo vainqueur avec 51,45 % des votes et 48,55 % pour Alassane Ouattara. Paul Yao N’dré avait annulé les résultats dans sept régions du nord du fait, dit il, d’irrégularités constatées. S’en sont suivis plus de 4 mois de combats juridiques et armés.

La pire crise de l’histoire politique de la Côte d’Ivoire

Le représentant de l’Organisation des Nations Unies de l’époque, Young-jin Choi, avait certifié les résultats en ces termes :

 Young-jin Choi ex chef de L'ONUCI
Young-jin Choi ex chef de L’ONUCI

 

 Les résultats du second tour de l’élection présidentielle tels qu’annoncés le 2 décembre par la commission électorale ne changent pas, ce qui confirme que le candidat Alassane Ouattara a remporté le scrutin .

Toute la communauté internationale s’est donc adossée à la certification de l’ONU. Cependant, les ardeurs de part et d’autre n’ont pas baissées pour autant. La bataille juridique allait bon train.  Du côté de Laurent Gbagbo, l’on brandissait la souveraineté du Conseil constitutionnel et ses décisions irrévocables

 La souveraineté de la Côte d’Ivoire, c’est elle que je suis chargé de défendre et elle je ne la négocie pas “avait prévenu Laurent Gbagbo lors de son investiture le 4 décembre.

Du Côté d’Alassane Ouattara, l’invalidation des résultats de sept régions sans raisons palpables était tout sauf légale. Pour lui donc, l’ONU, qui agissait en partie neutre avait déjà tranché.

Je suis désolé pour l’image de mon pays, mais la fin du processus est la validation par le représentant spécial de l’ONU, et c’est, cette validation qui confirme que je suis le vainqueur” avait affirmé, le candidat du RHDP.

Logé à son Quartier Général de campagne, Alassane Ouattara a formé son gouvernement, nommant Soro Guillaume premier ministre. Soro Guillaume avait démissionné, le 04 décembre 2010, de ce poste qu’il occupait depuis 26 mars 2007, à la faveur d’un gouvernement d’union nationale avec Laurent Gbagbo. Quant à Laurent Gbagbo, il avait également formé son gouvernement. S’en est suivi une autre bataille, militaire cette fois-ci.

Dans différentes parties du pays, des tirs, des violences ont éclatés entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara. Plusieurs manifestations dispersées à coup d’armes à feu. Par exemple la marche des femmes à Abobo, le 3 mars 2011 ou celle sur la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI), de décembre 2010. Cette situation qui frôlait la guerre civile a fait réagir l’Union Africaine (UA).

La médiation vaine de l’Union Africaine

Thabo Mbeki
Thabo Mbeki, Ex président sud africains. Envoyé de l’UA pendant la crise post electorale

Dès le 05 décembre 2010, l’instance africaine avait mandaté des émissaires en Côte d’Ivoire pour une issue diplomatique à la crise. Les présidents africains tentent diplomatiquement de faire partir Gbagbo, mais celui-ci, qui est sûr de sa victoire, propose une solution inédite de recomptage des voix. Thabo M’béki, ancien président de l’Afrique du Sud, tente de concilier les deux parties. Le 17 décembre 2010, c’était au tour de Jean Ping, alors président la Commission de l’Union africaine, de rencontrer les deux “présidents”. Quant à la CEDEAO, elle mandate trois présidents, à savoir Yayi Boni du Bénin, Ernest Koroma de la Sierra Leone et Pedreo Pires du Cap vert, pour une énième tentative de sortie de crise. Ils ont rencontré Gbagbo et Alassane le 28 décembre 2010. Une semaine plus tard, le 3 janvier 2011, c’est au tour du premier ministre Kenyan Raïla Odinga, de tenter la médiation. Ainsi que celles de l’ex-président Nigérien Olusegun Obasanjo (le 19 janvier).

L’Union Africaine dans une énième tentative, envoie à Abidjan, un panel de chef d’État, composé de Jacob Zuma, Président d’Afrique du Sud, Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la Mauritanie, Blaise Compaoré président du Burkina Faso, Jakaya Kikwete, Président de la Tanzanie et Idriss Deby Itno, Président du Tchad.

Les 21 et 22 février 2011, sur les cinq chefs d’État qui composent le panel, 4 viennent à Abidjan. Blaise Compaoré, ayant été empêché par les « jeunes patriotes de Blé Goudé ». Les 9 et 10 mars 2011, le panel réuni à Addis -Abeba, les deux parties. Malheureusement ces nombreuses tentatives des dirigeants africains n’ont pas empêché la bataille d’Abidjan.

La bataille d’Abidjan

arrestation de gbagbo 2

La bataille d’Abidjan est l’achèvement offensif lancé sur tous les fronts, à partir du centre du pays, par les Forces républicaines, contre les Forces de Défense et de sécurité de Laurent Gbagbo. Le 11 avril 2011, après 10 jours d’intenses combats, l’assaut est donné contre la résidence présidentielle. Laurent Gbagbo, son épouse et plusieurs de ses proches sont arrêtés et placés en résidence surveillée. Une arrestation qui a mis fin à la crise post électorale de 2010 -2011, faisant environ 3000 morts.

Une pensée sur “11 avril 2011 : Fin de la pire crise militaro – politique de la Côte d’Ivoire”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *