Attaque de Bassam : Les deux millitaires ivoiriens ont vendu de la drogue aux terroristes avant l’attaque

La préparation de l’attaque de Grand-Bassam a commencé à livrer ses secrets. Le mercredi 4 août dernier, lors du procès des sergents Coulibaly Zanga Zoumana Kutro et Coulibaly Peg Brice qui ont été condamnés à 10 ans de prison ferme, par le Tribunal Militaire d’Abidjan (TMA), un témoin cité dans l’affaire, du nom de Barry Assan, alias Ange Barry Batesti, s’est exprimé sur l’organisation de l’attaque.

Les deux militaires qui ont écopé de dix ans de prison ont été reconnus coupables des faits de violation de consigne et d’association de malfaiteurs. Selon Ange Kessi, le commissaire du gouvernement, ils se sont associés « par leur cupidité, aux activités délictueuses (…) qui ont provoqué un désastre, une catastrophe, une calamité, un massacre en Côte d’Ivoire ». Barry Assan, alias Ange Barry Batesti, chauffeur du présumé cerveau des attaques de Grand-Bassam, du nom de Amza Mohamed Jamal, a soutenu que les deux remis en cause ont tenus plusieurs rencontre avec lui avant l’attaque.

Attaque de Grand - Bassam - Regionale.info
                         Les deux soldats ont écopés de 10 ans de prison ferme / CREDIT : DR 

Lire aussi : Attentat de Grand-Bassam : Deux soldats ivoiriens condamnés à 10 ans de prison

Appelé à la barre en tant que témoin, Barry Assan a présenté un récit qualifié de « spontané et intéressant » par le juge Kouadio Koffi. Il en ressort que les jihadistes qui ont perpétré l’attaque étaient sous l’influence d’une drogue puissante nommée « Rivotrine ».
Dans sa volonté ferme de rejoindre l’Europe, Barry Assan met le cap sur Arlit, dans le nord du Mali, à la frontière avec l’Algérie. Là-bas, il fait la rencontre de Amza Mohamed Jamal, présumé cerveau de l’attaque de Bassam.

« Il a décidé de m’aider à me rendre en Europe, à hauteur de 2 millions de F CFA. C’est comme ça que je me suis mis à son service comme chauffeur», précise le jeune homme né en 1992.

Le voyage des deux hommes les conduit à Abidjan en décembre 2015. A leur exercice de repérage, se joint un malien du nom de kabaye et résidant en Côte d’Ivoire depuis 2008. Puis la préparation de l’attaque s’intensifie :

« En novembre 2015, nous avons fait le voyage sur Bamako au Mali, puis au Niger, ensuite au Burkina Faso. C’est à l’hôtel Tamanin du Bamako, le 2 janvier 2016, que l’attaque va être actée à la suite d’une réunion tenue en cet endroit », ajoute-le témoin.

Concernant les sergents Coulibaly Zanga Zoumana Kutro et Coulibaly Peg Brice, ils interviennent en janvier 2016. En effet, suite à plusieurs rencontres avec le nommé Barry, les deux soldats acceptent de lui procurer ce dont il a besoin, un puissant stupéfiant appelé « rivotrine » :

« Nous nous sommes retrouvés, à plusieurs reprises, dans un restaurant situé au grand carrefour de Koumassi… Chaque fois, Coulibaly et Amza parlait directement. Il s’agissait d’acheter de la Rivotrine [  ] On dit que ça soigne les fous. Amza voulait une importante quantité », précise le témoin tout en insistant sur son innocence quant aux attaques. 

Les deux soldats ont reconnus les faits qui leur sont reprochés mais affirment ne pas savoir qu’une attaque terroriste se préparait. Pour ce qui est de Amza Mohamed Jamal, Barry affirme qu’« il n’est pas mort dans les attaques de Grand-Bassam » car il l’a « appelé après les attaques ».

La suite de l’histoire conduira au massacre de Grand-Bassam le 13 mars 2016 qui a occasionné la mort de 19 personnes et dont les enquêtes sont toujours en cours.

Une pensée sur “Attaque de Bassam : Les deux millitaires ivoiriens ont vendu de la drogue aux terroristes avant l’attaque”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *