Le Togo, producteur de pétrole : Erreur de reporting de la banque de France confirmée par la BCEAO

Erreur de reporting de la banque de France confirmée par la BCEAO sur le pétrole togolais_Regionale.info

L’information selon laquelle le Togo a produit des milliers de barils de pétrole a fait le tour des médias et des réseaux sociaux, la semaine dernière.

Kossi Tenou, Directeur national de la BCEAO fait des précisions_Regionale.info
                                               Kossi Tenou, Directeur national de la BCEAO fait des précisions ©DR

Dans le rapport annuel 2016 de la zone Franc, élaboré par la Banque de France, il est mentionné à la page 231 que le Togo a produit des milliers de barils de pétrole. La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), lors d’une conférence de presse, a signalé qu’il s’agissait d’une erreur de reporting de la Banque de France.

Le Directeur national de la BCEAO pour le Togo a apporté les précisions nécessaires suite à  cette information, mardi, face à la presse. Le rapport annuel de la Zone franc, publié par la Banque de France, contient une erreur de reporting. Les chiffres publiés  appartiennent à la Côte-d’Ivoire, selon la BCEAO.

« Les données attribuées au Togo, relatives à la production de pétrole, sont plutôt les statistiques sur la Côte-d’Ivoire. Il en est de même des chiffres sur les principales productions agricoles vivrières et d’exportation, qui sont également ceux portant sur la Côte-d’Ivoire », a indiqué le Directeur national Kossi Tenou.

Le Directeur national de la BCEAO a, par ailleurs, ajouté que l’attribution, par erreur, de ces statistiques de production de pétrole de la Côte-d’Ivoire au Togo ne devrait en aucun cas être considérée comme une preuve de la production de pétrole par le Togo.

Kossi Tenou a précisé  que la Banque de France, ayant été informé de ces erreurs, devra publier prochainement sur son site internet un errata, en attendant que les chiffres ne soient corrigés dans le rapport 2017 en élaboration.

Burkina : Une malversation de 31 milliards de FCFA découverte

Une malversation de 31 milliards de FCFA découverte au Burkina_Regionale.info

L’Autorité Supérieure de Contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) a révélé, dans son audit, des malversations financières au sein de plusieurs entreprises de l’État burkinabè, y compris la Présidence. Les préjudices financiers causés à l’État sont évalués à 31 milliards de Francs CFA.

Luc Ibriga remettant le rapport au Président Burkinabè_Regionale.info
                                   Luc Ibriga remettant le rapport au Président Burkinabè ©DR

Lancé un an après l’insurrection au Burkina Faso, l’audit de l’ASCE-LC a permis de dévoiler la mauvaise gestion dans 28 entités publiques du pays. Le Contrôleur Général de l’ASCE-LC, Luc Ibriga,  au travers de ce rapport, dénonce « des niches de corruption dans les services publics ».

Des irrégularités qui se résument par des surfacturations, le non respect des procédures dans l’attribution de marchés, des irrégularités administratives  et opacité de gestion.

La Présidence du Faso n’échappe pas au cas de malversation. Au niveau de cette entité, Luc Ibriga s’est indigné des dysfonctionnements que l’ASCE-LC a pu constater.

Suite à cette découverte, il s’est exprimé en ces termes : « On ne peut pas être à la Présidence du Faso et faire travailler des prestataires sans contrat. Vous ne pouvez pas non plus donner la gestion des comptes de dépôts à des personnes qui ne sont pas des comptables. »

Le rapport sur les malversations  souligne aussi la « lenteur excessive » dans le traitement de certains crimes économiques dénoncés antérieurement par l’Autorité de lutte contre la corruption.

« Nous sommes au regret de constater qu’il y a des dossiers introduits depuis 2009 qui, jusqu’à ce jour, sont en cours d’instruction », a conclu M. Luc Ibriga  au terme de son entretien.

AFRIQUE : Les pays les plus « sûrs » et les plus « risqués » en 2017 (Cabinet Control Risks)

La liste des pays les plus « sûrs » et les plus « risqués » pour les entreprises en Afrique en 2017, vient d’être dévoilée. Cette liste ressort de la carte 2017 des risques sécuritaires et politiques, publiée dans le mois d’avril, par le cabinet de conseil britannique Control Risks.

Dans la nouvelle « Riskmap », huit indicateurs ont été pris en compte pour calculer le degré des risques sécuritaires dans plusieurs pays africains. En effet, il s’agit des indicateurs comme le vol, l’enlèvement, la destruction des biens, l’extorsion, la fraude, la perte de contrôle de la gestion, le vol d’information et l’expropriation.

Afrique : Les pays les plus « sûrs » et les plus « risqués » pour les entreprises en 2017 (Cabinet Control Risks). © : DR

En ce qui concerne les risques politiques, sept critères ont été défini par le cabinet anglais. On note à ce niveau, l’insécurité juridique, l’exposition à la corruption, la nationalisation, l’expropriation, les règlements défavorables, les atteintes à la réputation et les sanctions internationales.

Risques sécuritaires en Afrique : La Côte d’Ivoire dans la catégorie des risques élevés

La carte classe la Côte d’Ivoire parmi les zones à « risques sécuritaires élevés ». La raison de ce classement s’explique notamment par les différentes crises politiques qu’a traversé le pays depuis les années 2000. Il faut noter que aucun pays africain ne figure dans la catégorie des pays qui présentent un risque sécuritaire insignifiant. Tout comme pour les risques sécuritaires, aucun pays africain ne figure dans la catégorie des pays qui présentent un « risque insignifiant »

  • Risques politiques 
  • Risques sécuritaires 

Classement des pays où il fait bon vivre en 2017 (World Happiness Report)

Lancé en 2012 par les Nations Unis à travers le Réseau des solutions pour le développement durable (SDSN), l’étude World Happiness Report établit chaque année, un classement des pays où il fait bon vivre. Pour l’édition 2017 (2014-2016), c’est l’Algérie qui se positionne à la première place sur le continent africain.

Le classement 2017 des pays où il fait bon vivre est un baromètre qui établit l’état des lieux des pays les plus « heureux ». Sur le plan mondial, sur les 155 pays qui figurent dans ce classement, le pays le plus heureux d’Afrique, à savoir l’Algérie, ne parvient à se hisser qu’à la 53e place. L’Afrique est donc perçue globalement, comme un continent ou il ne fait pas vraiment bon vivre, et où les disparités sont marquantes. Le rapport relève de nombreuses raisons à ces disparités, entre autres, une histoire marquée par une longue période d’esclavage qui a conduit à de nombreux brassages culturels, accentuant la diversité des styles de vie. Les instabilités politiques, la corruption, le manque de liberté d’expression, plongent de nombreux pays africains au bas du classement.

L’étude World Happiness Report vient aussi casser les clichés fondés sur ce qu’il est donné de voir à travers les médias (crise militaire, violences). Ainsi la Libye par exemple, occupe la 3e place (68e place mondiale), et la Somalie, la 4e place (93e place mondial), devant le Nigeria et l’Afrique du Sud, respectivement 6e et 7e africain, et 93e et 101e mondial. Seuls 6 pays, à savoir l’Algérie, l’Ile Maurice, la Libye, le Maroc, la Somalie et le Nigeria, atteignent la moyenne de 5/10, à titre d’indice de classification des pays où il fait bon vivre. Le bas de tableau africain est occupé par la Tanzanie (42e africain et 153e mondial), le Burundi (43e – 154e) et la Centrafrique (44e -155e). C’est d’ailleurs ces trois pays qui ferment le tableau mondial.

L’Europe tient le top 3 du tableau avec la Norvège, le Danemark et l’Irlande. Les États-Unis arrivent à le 14e place, l’Allemagne à la 16e, la France à la 31e, la Russie à la 49e et le Japon à la 51e place.

Il faut noter que le classement World Happiness Report s’appuie sur six critères : le produit intérieur brut par habitant, l’espérance de vie en bonne santé, la perception de la liberté, de la générosité, de l’aide sociale et la perception de la corruption dans le gouvernement ou les affaires.

Rapport: Sur les traces du commerce illicite de l’or en Afrique de l’Ouest

Rapport Sur les traces du commerce illicite de l’or en Afrique de l’Ouest

Le Partenariat Afrique Canada (PAC) a publié,  jeudi 26 janvier 2017, un rapport sur le commerce illicite de l’or dans trois pays de l’Afrique de l’ouest : le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.

 

Le rapport L’Eldorado ouest­africain : Cartographier le commerce illicite de l’or en Côte d’Ivoire, au Mali et au Burkina Faso, pointe du doigt d’importantes failles dans la gouvernance de l’exploitation minière, surtout au Mali, devenu un aimant pour le commerce illicite de l’or en Afrique de l’Ouest, en raison d’échappatoires dans son régime fiscal.

Malgré d’importantes mesures prises par les pays de la sous-région, notamment dans leur code minier, pour encourager le commerce légal de l’or artisanal telles que l’harmonisation des taxes à l’exportation à un taux de 3 %, de nombreux négociants exploitent des échappatoires dans le régime fiscal du Mali ou continuent à s’appuyer sur des réseaux illicites développés par d’anciens combattants en Côte d’Ivoire. Ces anciens combattants travaillent en étroite collaboration avec les principaux acheteurs du Burkina Faso, note le rapport.

Le Mali, l’aimant de l’or ouest africain

Les auteurs du rapport ont trouvé par exemple que le Mali, point de sortie des exportations d’or, n’applique les taxes à l’exportation que sur les 50 premiers kg d’or par mois, ce qui favorise la contrebande. En effet les négociants font traverser l’or en contrebande de l’autre côté de la frontière, au Mali, de manière à bénéficier d’un important allègement fiscal.

« Une analyse de la production d’or et des statistiques sur le commerce de l’or au Mali, de même que des importations d’or malien déclarées par les Emirats arabes unis, a permis de mettre en évidence des écarts majeurs dans les données rapportées », affirment les auteurs du rapport.

Rapport Sur les traces du commerce illicite de l’or en Afrique de l’Ouest
Image d’illustration

Sur une période de quatre années, les importations d’or malien par les Emirats Arables Unis ont successivement dépassé́ la totalité́ de la production du Mali. Le Mali a déclaré́ une production de 40 tonnes d’or en 2013, tandis que les Emirats Arables Unis déclaraient en avoir importé 49,6 tonnes. Une grande part de la production industrielle du Mali étant exportée vers les affineurs suisses et sud-africains, ces écarts restent inexplicables pour les rapporteurs.

Pour les auteurs du rapport, l’ampleur du commerce illicite de l’or au Mali soulève des préoccupations quant à la paix et à la stabilité́ régionales.

 

Le Partenariat Afrique Canada, demande notamment au Mali d’entreprendre un examen exhaustif de son régime fiscal afin de corriger les échappatoires qui font de ce pays un aimant pour l’or produit en Afrique de l’Ouest, et aux pays importateurs, notamment les Emirats arabes unis, de contrôler davantage les importations d’or.

Engagé depuis 30 ans dans la gouvernance des ressources naturelles dans les zones de conflit ou à haut risque, le Partenariat Afrique Canada est notamment connu pour avoir travailler à la création du processus de Kimberlay sur la certification des diamants.

Trouvera le rapport complet ici : http://APO.af/51zsrh 

 

Justin YARGA

 

 

 

Du carburant toxique vendu en Afrique (Rapport)

Des sociétés suisses exporteraient-elles du carburant toxique en Afrique? Pour l’Organisation Non Gouvernementale Public Eye, cela ne fait aucun doute. Dans un rapport rendu public ce jeudi 15 septembre, elle accuse ces sociétés de négoce suisse de vendre en Afrique du carburant à haute teneur en soufre.

Le rapport de 160 pages intitulé « Dirty Diesel » est le résultat de trois années d’enquête. Il fait ressortir la toxicité du carburant émanant d’Europe destiné aux pays africains. Huit pays sont cités à savoir, l’Angola, le Bénin, le Congo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et la Zambie. Public Eyes, incrimine  les sociétés  Vitol, Trafigura et Addax & Oryx qui

« profitent de la faiblesse des standards pour vendre des carburants de mauvaise qualité et réaliser des profits au détriment de la santé de la population africaine ».

Pour arriver à cette conclusion, l’ONG a procédé à l’analyse de quelques échantillons prélevés à la pompe. Ainsi informe le rapport, les analyses ont révélé une teneur en soufre jusqu’à 378 fois supérieure à la teneur autorisée en Europe. C’est le Mali qui enregistre le maximum de concentration dans une station de pompage d’Addax & Oryx. En plus du souffre, d’autres substances nocives, telles que le benzène et des aromatiques polycycliques, ont été découvertes.

rapport

» Nous avons aussi trouvé dans l’essence un additif utilisé comme substitut du plomb, le MMT, à base de manganèse, un métal neurotoxique. Sur les quatre échantillons prélevés, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, tous contenaient du MMT »,

peut-on lire dans le document qui souligne par ailleurs que ces produits sont fabriqués expressément en Europe pour être exploités en Afrique

« Les sociétés suisses produisent en Europe des carburants qui ne pourraient jamais y être vendus (…) les pays africains exportant vers l’Europe “du pétrole brut d’excellente qualité, reçoivent ainsi en retour des carburants toxiques”, dénonce Public Eye.

L’ONG dresse donc les conséquences fâcheuses de cette pratique sur la santé des populations africaines » victimes de la plus forte augmentation de la pollution de l’air en zone urbaine au niveau mondial ». Citant les travaux de l’organisation International Council on Clean Transportation (ICCT), elle fait savoir que « la pollution de l’air liée au trafic routier causera, en 2030, trois fois plus de décès prématurés en Afrique qu’en Europe, aux États-Unis et au Japon réunis ».

Côte d’Ivoire : 66 % des victimes de viol sont des enfants

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L’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) ont rendu public un rapport sur la situation des actes et tentatives de viols en Côte d’Ivoire, couvrant la période du  1er janvier 2012 au 31 décembre 2015.

 

Selon ce rapport présenté au siège de l’ONUCI  par Juliette De Rivero, chef par intérim de la division des Droits de l’Homme de l’organisation, 1129 cas de viol ont été recensés durant cette période. Parmi les victimes, 66 % des victimes sont des enfants. Les auteurs sont, dans 93 % des cas, des civils parfois connus des victimes.

Ce rapport dénonce également les difficultés que rencontre la justice ivoirienne pour poursuivre ou prononcer des peines lourdes contre les auteurs de violences sexuelles.

En effet, même si 90 % des cas de viols répertoriés dans le rapport ont fait l’objet d’une enquête, 20 % d’entre eux ont abouti à un jugement. À cela s’ajoute le fait que 203 cas ayant été jugés ont été qualifiés comme des délits, et non comme des crimes.

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Les cas de viol, surtout ceux des enfants, sont généralement réglés à l’amiable sans le consentement de la victime, indique le rapport; une situation qui empêche la poursuite des auteurs et qui « contribue sans conteste à la banalisation du viol et au retranchement de la victime dans une position de faiblesse et de vulnérabilité. »

Au titre des recommandations, le rapport appelle à une révision du Code pénal afin de mieux définir le viol et les autres formes de violences sexuelles. Aussi, il recommande « à ce que toutes les victimes de violences sexuelles aient accès à la justice, en particulier en leur fournissant une aide juridique gratuite ».

« Il faut aussi que le certificat médical, qui n’est pas nécessaire mais qui est une preuve du viol, soit gratuit pour les victimes. Il faut que le gouvernement puisse mettre en œuvre la stratégie nationale de violence basée sur le genre qui a été adoptée en 2014 et qui maintenant, avec un programme efficace, pourrait régler cette question de l’impunité », a suggéré De Rivero.