Un charnier de 55 corps découvert dans l’Etat d’Abia

Les Services de renseignements intérieurs (DSS) du Nigeria ont découvert un charnier de 55 corps dans une forêt de l’État d’Abia. Les autorités ont directement pointé du doigt les indépendantistes biafrais du Peuple indigène du Biafra (Ipob).

Nnamdi Kanu
                  Nnamdi Kanu, chef du mouvement indépendantiste biafrais IPOB

La forêt de l’État d’Abia, dans le sud-est du Nigeria, est le bastion du Peuple indigène du Biafra. Depuis le mois d’octobre dernier, le chef de ce mouvement, par ailleurs directeur de Radio Biafra, Nnamdi Kanu, avait été arrêté pour trahison par les autorités nigérianes. Son procès suscite beaucoup d’intérêts à travers le pays. Selon, Vincent Hiribarren, spécialiste du Nigeria au King’s College London, les accusations du gouvernement sont radicales et il pourrait s’agir de l’action de d’autres groupes : « Il y a des mouvements indépendantistes qui sont assez actifs. Il y en a un qui a été créé en 1999 quand la démocratie est revenue au Nigeria qui s’appelle le Mouvement pour l’actualisation de l’Etat souverain du Biafra, l’acronyme en anglais est Massob », souligne-t-il.

Les 55 corps découverts dans le charnier n’ont pas encore été identifiés à l’exception de 5 d’entre eux. Face à toutes ces accusations, le Peuple indigène du Biafra a tenu à s’exprimer à travers un communiqué :

« Ils nous tuent et maintenant ils prétendent que c’est nous qui tuons des Peuls ! Pourquoi ? Comment ? Avec quelles armes ? Le président Buhari sollicite le monde entier ! Il demande des munitions, il demande des armes, juste pour tuer les Biafrais. Qui nous fournit des armes ? Personne ! Aucun pays ne vient à notre secours ! Nous manifestons pacifiquement. Nous tweetons. Nos seules armes sont Twitter et Radio Biafra. Depuis qu’ils ont arrêté le directeur Nnamdi Kanu, ils ont cherché des preuves, ils ont cherché n’importe quoi pour jeter le discrédit sur l’Ipob. Il n’y a aucune preuve ! Et c’est pour ça qu’ils les fabriquent de toute pièce ».

Entre accusation et démenti, une ombre continue de planer sur ce charnier.

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