Côte d’Ivoire : 66 % des victimes de viol sont des enfants

L’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) ont rendu public un rapport sur la situation des actes et tentatives de viols en Côte d’Ivoire, couvrant la période du  1er janvier 2012 au 31 décembre 2015.

 

Selon ce rapport présenté au siège de l’ONUCI  par Juliette De Rivero, chef par intérim de la division des Droits de l’Homme de l’organisation, 1129 cas de viol ont été recensés durant cette période. Parmi les victimes, 66 % des victimes sont des enfants. Les auteurs sont, dans 93 % des cas, des civils parfois connus des victimes.

Ce rapport dénonce également les difficultés que rencontre la justice ivoirienne pour poursuivre ou prononcer des peines lourdes contre les auteurs de violences sexuelles.

En effet, même si 90 % des cas de viols répertoriés dans le rapport ont fait l’objet d’une enquête, 20 % d’entre eux ont abouti à un jugement. À cela s’ajoute le fait que 203 cas ayant été jugés ont été qualifiés comme des délits, et non comme des crimes.

violence-sexuelle_coted'ivoire

Les cas de viol, surtout ceux des enfants, sont généralement réglés à l’amiable sans le consentement de la victime, indique le rapport; une situation qui empêche la poursuite des auteurs et qui « contribue sans conteste à la banalisation du viol et au retranchement de la victime dans une position de faiblesse et de vulnérabilité. »

Au titre des recommandations, le rapport appelle à une révision du Code pénal afin de mieux définir le viol et les autres formes de violences sexuelles. Aussi, il recommande « à ce que toutes les victimes de violences sexuelles aient accès à la justice, en particulier en leur fournissant une aide juridique gratuite ».

« Il faut aussi que le certificat médical, qui n’est pas nécessaire mais qui est une preuve du viol, soit gratuit pour les victimes. Il faut que le gouvernement puisse mettre en œuvre la stratégie nationale de violence basée sur le genre qui a été adoptée en 2014 et qui maintenant, avec un programme efficace, pourrait régler cette question de l’impunité », a suggéré De Rivero.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *