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mercredi 21 février 2018
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Côte d’Ivoire – Burkina Faso : Gros trou à Dimbokro, des milliards de FCFA sur les rails

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L’affaissement du pont colonial de Dimbokro sur lequel passe le chemin de fer qui conduit vers Bouaké et le Burkina Faso a un impact inquiétant sur l’économie des deux pays et une pression sur le réseau routier.

Les échanges  commerciaux entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso étaient estimés à  289 885 073 285 F CFA en 2014. Si le Burkina dépend de la Côte d’Ivoire au niveau des produits agroalimentaires, la Côte d’Ivoire s’y ravitaille en volailles et bétails.

« Cela concerne en moyenne sept trains de marchandises par jour, à raison de quatre qui quittent Abidjan à destination de Ouagadougou et trois venant du Burkina Faso. Tous estimés à environ 1200 Tonnes » révèle dans l’anonymat à Politikafrique.info un cadre de la société internationale de transport africain  par le rail (Sitarail).
C’est un peu plus de 850 km de chemin de fer qui relient ces deux pays. Le dernier Traité d’Amitié et de Coopération (TAC 5) faisait  cas de la rénovation de ce réseau du chemin de fer.

rail

Le 6 septembre dernier, le pont ferroviaire  de Dimbokro, ville située  dans le centre de la Côte d’Ivoire, a cédé, du fait de sa vétusté, sous le poids d’un train de marchandises, coupant net la liaison Abidjan-Ouagadougou par voie ferrée.S’il n’y a eu aucune perte en vie humaine, qu’en est-il des dégâts matériels et des échanges commerciaux entre ces deux pays, dont une grande partie se fait par le chemin de fer ?

A la Sitarail, l’on estime que la perturbation des échanges est inévitable. « Tout naturellement  c’est bien vrai qu’il y a d’autres moyen de transport de marchandises mais le train est par excellence l’outil  de masse aussi bien de marchandises que de personnes,  donc cela va vraiment avoir un impact pas intéressant sur  les usagers aussi bien les voyageurs que les commerçants qui font transporter leurs marchandises. C’est une évidence », fait savoir notre source.

Un autre expert explique qu’un train est l’équivalent de 40 à 50 camions. Il faudrait multiplier ce nombre par 7 pour se figurer le nombre de camions qui devraient faire chaque jour la navette entre ces deux capitales pour compenser la perte de ligne de chemin de fer. Quant au train de voyageurs, notre source précise que c’est entre 600 et 800 personnes qu’il transporte à chaque voyage. « Il y a des sociétés de transport qui existent mais il faut combien de bus pour pouvoir faire ce qu’un seul train fait ? Vous voyez que la route ne fera pas forcement l’affaire. Donc cet incident va forcément impacter les échanges commerciaux » ajoute-t-il.

Dr Prao Yao Séraphin, enseignant économiste,  explique que cet incident va agir sur les échanges commerciaux. « Sitarail  permet  le renforcement  du commerce bilatéral entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Si le réseau  ferroviaire est coupé  et que les marchandises ne peuvent pas circuler librement, c’est tout à fait normal que cela ait des conséquences économiques, surtout au niveau des situations inflationnistes, c’est- à-dire qu’à  court terme, la Côte d’Ivoire peut manquer   des aliments et produits  provenant du Burkina Faso et vice versa », ajoute  l’économiste tout en souhaitant que le problème soit résolu le plus rapidement possible.
Contactées par Politikafrique.info, les autorités diplomatiques burkinabè présentes en Côte d’Ivoire expliquent ne pas savoir pour le moment l’ampleur exacte des dégâts causés par cette interruption de trafic parce que les informations des agents sur le terrain ne sont pas encore remontées à elles.

Mais, une source bien introduite affirme  « que ce sont  des milliards de FCFA que nous allons perdre. L’on gagnerait à se bouger pour que les choses reprennent.  Parce que c’est le Burkina qui va en souffrir puisque le train c’est notre porte d’accès au port d’Abidjan. C’est par là que nous arrivons à nous approvisionner de façon conséquente » soutient cette source.

La toute dernière  interruption de trafic ferroviaire est survenue la semaine passée. A Banfora, première ville burkinabè après Laleraba, en provenance de Ouangolodougou, un pont s’était affaissé, empêchant le train de poursuivre son chemin vers la Côte d’Ivoire.  Sur les antennes de la RTB (Radiodiffusion Télévision Burkinabè),  les usagers ont exprimé les désagréments subis à la suite de cet accident.  C’est au tour des ivoiriens qui commercent avec le pays frère du Faso de s’interroger en continuant à prier pour une reprise rapide du trafic.

Article publié avec la collaboration de politikafrique.info




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