Déguerpissement, déjà des retours à Adjamé, Anne Ouloto engage le dialogue avec les commerçants

« La manière dont le ministère a rendu le site propre, c’est bon. Il y a des gens qui disent que ça fait mal, mais c’est propre.  Avant, il y avait des sachets et des ordures aux  bords des routes. Maintenant, c’est mieux. A moi-même, ça me fait mal. Mais, chacun son travail.  Je n’en veux à personne. J’ai fait sortir quelques paires de chaussures pour pouvoir mieux «gérer » parce que quand ils viennent nous chasser là, je peux vite ramasser ; sinon, les voleurs vont tout ramasser. Ce matin, entre 6h et 7h, ils sont venus nous chasser. Ils vont revenir, je dois être prêt. La vente de chaussures, c’est ce que je sais faire depuis longtemps » fait savoir ce matin à Politikafrique.info, Bah Mamadou, jeune guinéen, vendeur de chaussures à Adjamé Liberté.

Les propos du vendeur de chaussures témoignent du retour timide et progressif des commerçants aux abords des voies dégagées il y a quelques jours.
Le ministère de la Salubrité et de l’Assainissement s’est lancé dans un défi que certains ivoiriens estiment voués à l’échec, celui de chasser tous les squatters des servitudes publiques de la Côte d’Ivoire.

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Saluée par tous, ou presque, cette opération, à peine lancée, semble marquer le pas. A croire qu’Adjamé Liberté et Yopougon Sicogi, n’étaient que des feux de paille. En tout cas, le constat, ce matin, est à la recolonisation des sites.
Adams est aussi  commerçant. Il poursuit un client à qui il réussit à vendre une veste à 1000FCFA au pas de course et à la sueur de ses mollets.
Le marché conclu, Adams revient plaider sa cause pour ses amis et lui.
 «  Depuis le déguerpissement, aucun retour ne nous a été fait.  Aucune décision de nous relocaliser n’est annoncée. Nous aussi, on attend que les autorités nous aident, je ne sais si un de nos représentants est allé négocier un emplacement pour nous. Actuellement, c’est très difficile » indique-t-il.

Contrairement à cet avis, le service communication du ministère de la Salubrité et de l’Assainissement, contacté, a soutenu que « Madame le Ministre s’entretient avec les operateurs déguerpis actuellement, ce mardi après-midi, à la salle de conférence de la mairie d’Adjamé sur les questions de relocalisation et d’embellissement »

Au rond-point Liberté, ces travaux d’embellissement sont effectués par le district d’Abidjan qui y installe de la rocaille, des moellons, des gravillons et des plantes. « Des bancs seront installé. A notre niveau, nous ne pouvons pas parler. Il faut vous rendre à Marcory,  précisément à la Directions des Parcs et jardins, pour plus d’informations » indique un ouvrier.
A Mossikro, un quartier d’Attecoube, lui aussi colonisé par des commerçants non autorisés, le caniveau est invisible par endroit le long de la voie, devenue boueuse et crevassée. Les usagers en viennent à réclamer les bulldozers d’Anne Désirée Ouloto qui, après le coup d’éclat d’Adjamé Liberté et de l’espace Sicogi, route d’Agban, ont coupé leurs moteurs.

Au-delà d’Adjamé, le travail reste entier et les ivoiriens demandent la poursuite de cette operation sur l’ensemble du territoire national, comme en 2013. Cela donnerait un sens à l’engagement pris par le Premier Ministre, Daniel Kablan Duncan, le jeudi 4 août, annonçant la mise en oeuvre de cette action de salut public, sur l’ensemble du territoire national. Les ivoiriens ne demandent que cela.

Moïse Achiro.

Article publié avec la collaboration de politikafrique.info

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