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jeudi 22 février 2018
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Factures CIE, on a dû mal comprendre

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Koné Adama réside dans la commune de Treichville, à Abidjan. Le vendredi 24 juin, il a reçu sa facture. Il remarque un changement. Mais, pas dans le sens des mesures annoncées par le Chef de l’Etat, le 1er mai dernier lors de la célébration de la fête du Travail.

Il exprime son mécontentement sur sa page facebook.

« … je me retrouve avec un prix unitaire de 66.96 francs par kilowattheure… Je me dis qu’il y a forcément une erreur car ma facture antérieure était facturée a 63.17 franc le prix unitaire du kilowattheure. Soit plus de 3.79 par kilowattheure et 5.99% de hausse observé sur ma facture. J’ai été confronté à une hausse tarifaire et non un ajustement tarifaire », se plaint-il.

Les ivoiriens, pour certains, sont en possession de leur dernière facture de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE) depuis le 24 juin dernier. Mais, que de surprises ! Quand il se rend à la CIE de la zone3 pour une explication sur cette hausse de sa facture, l’explication à lui donnée est la suivante : « Vous avez bien pu constater le retard dans la disponibilité des factures. C’est dû au fait que nous attendions les nouveaux tarifs de la Présidence. Ce qui est chose faite, et ce sont ces tarifs de la Présidence qui se sont appliqués. Par rapport à la puissance de vos 10 ampères, le prix unitaire de 66.96 francs est désormais appliqué à la consommation allant jusqu’a 396 kilowattheure et, au-delà de cette consommation, le prix unitaire baisse à 58.04 franc ». Sa facture précédente poursuit-il, s’élevait à 13.345f. Aujourd’hui avec les réajustements, elle est de 37.310 FCFA. Koné Adama est confus. « Qui est à la base de cette hausse, la Présidence de la République ou la CIE ? », s’interroge-t-il.

CIE - Regionale.info

                                                                        Siège de la CIE / CREDIT : DR

C’est une préoccupation que partage Stéphanie Barouan. Elle est une abonnée dans la zone nord d’Abidjan précisément aux deux plateaux (Cocody). Jointe par Politikafrique.info, elle marque aussi son étonnement au regard de ses trois dernières factures. « Avant la grogne, ma facture était de 11.850 FCFA. Pendant la grogne elle était à 26.935F et après l’ajustement tarifaire, je suis à 42.285 FCFA », explique-t-elle. Elle indique également que dans l’entreprise de prestation de services où elle travaille, la hausse de la facture de courant est aussi flagrante. Pour une puissance de 30 ampères, le prix unitaire est passé de 78,46/ kwh à 86.31 francs CFA. Soit une hausse de 7.85 francs par kwh. Ce qui donne comme facture « après réajustement », 367 320 FCFA par rapport à celle d’avant, qui était de 296 345 FCFA. Soit une hausse de 23.95%.

En revanche, M. Ouattara qui réside dans la commune d’Abobo et qui n’a pas encore reçu sa facture, dit constater une baisse: « Ma dernière facture, qui date de mars, est de 20 000 FCFA. Je viens de consulter la prochaine via MTN money, et ça me donne une facture de 19 000 Fcfa. Donc je suis encore dans l’attente ». idem pour Mlle Yao dans le quartier d’Angré. Elle n’a pas encore reçu sa facture, mais, elle a appris auprès du service client, une fois dans une agence, que sa prochaine facture s’élèvera à 16.000 FCFA alors que la précédente était de 17.000 FCFA, soit une baisse de 1000 FCFA également.

Lors de la célébration de la fête de Travail, le 1er mai dernier, le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, répondant à la grogne sociale sur la question, avait dénoncé cette augmentation. « Oui, il y a eu une injustice dans l’augmentation qui a été faite et cela est inadmissible. J’ai donc décidé de l’annulation pure et simple de l’augmentation de janvier 2016. Les factures seront corrigées et le trop perçu sera rendu à tous les abonnés. J’invite donc la CIE à réparer cette injustice », s’était-il plaint.
Alassane Ouattara avait donné des instructions fermes pour que réparation soit faite.

Quelques semaines plus tard, Dominique Kacou, Directeur Général de la CIE, avait annoncé sur les antennes de la RTI 1 (télévision publique), les modalités de remboursement relatives aux décisions prises par le gouvernement, y compris celles liées aux ménages. Cette catégorie est considérée comme abonnés en basse tension.

Faute de baisse, c’est plutôt une hausse des factures qui est remarquée chez nombre d’abonnés sur les dernières factures. Interrogé par la rédaction de politikafrique.info, une source proche de l’Autorité Nationale de Régulation du secteur de l’Electricité -Anaré), institution chargé de régler les contentieux dans le domaine de l’énergie, explique que sa structure a appris les mécontentements des consommateurs sur les factures de juin via internet. Les ménages approchés dans le cadre d’une enquête expresse ont permis de confirmer cette hausse sur les factures.
Pour l’heure, notre source explique que sa structure n’a reçu aucune information, aucun document officiel venant du ministère de tutelle, lui indiquant d’appliquer le réajustement tarifaire annoncé par le Chef de l’Etat.
« Il n’y a aucun document officiel qui propose les tarifs de sorte qu’en fonction des tranches, on fixe les prix, parce que comme vous l’avez remarquez, il est question de tranches » indique notre source. Une autorisation du ministère du Pétrole et de l’Energie aurait facilité l’application des mesures du Président de la République mais, jusqu’a ce jour, rien. A l’ANARÉ, on espère recevoir ce document en début de semaine prochaine.

De son coté, le porte-parole du gouvernement qui était face à la population pour la 2ème fois ce 1er juillet à la maison de l’entreprise, a affirmé que l’électricité a toujours été subventionnée par l’Etat. L’arrêt de cette subvention avait occasionné la grogne sociale. D’où les réajustements tarifaires décidés.
L’ANARÉ a donc invité tous ceux qui constatent une augmentation sur leurs factures à se rendre à la CIE pour exiger que les mesures indiquées par le Président leur soient appliquées.

Toutes les tentatives pour entrer en contact avec le Ministère du Pétrole et de l’Energie, y compris la direction générale de l’énergie, sont restées vaines.

Raïssa N’Guessan

Article publié en collaboration avec POLITIKAFRIQUE.INFO




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