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Comment faire de l’anglais un ami des Ivoiriens ?

Samedi 06

L’apprentissage de l’anglais dès le bas-âge est une formule qui marche à Tanda, localité située à l’Est de la Côte d’Ivoire. Ce système est présenté comme un modèle à adopter au plan national.

Yves Irié Bi, candidat au baccalauréat série A2 pour la session 2016, est tourmenté. Le 5 juillet prochain, débutent les compositions orales. Et il craint l’examen oral de l’anglais.
« Je suis en série littéraire mais l’anglais n’est pas vraiment ma matière favorite. J’ai déjà du mal à participer en classe. Et là, il faut être interrogé par un professeur autre que le mien. Je stresse vraiment », se confie-t-il. Yves Irié regrette ne s’être pas concentré depuis la classe de 6ème, première classe pour l’apprentissage de l’anglais dans l’école publique ivoirienne.

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                                      Kandia camara, ministre de l’éducation nationale de Côte d’Ivoire

Comme Yves, H.Y, journaliste ivoirien continue de regretter la négligence de la langue de Shakespeare. Parti couvrir le Forum sur la valeur partagée le 20 juin dernier à Abidjan, il n’a pu rien noter. « Toutes les communications étaient en anglais, y compris celle de Koffi Annan, l’ancien Secrétaire Général de l’ONU. Je n’ai rien pu écrire pour mon organe de presse », a-t-il reconnu.
Même si le français est la langue officielle de la Côte d’Ivoire, apprendre l’anglais dès le bas-âge est, selon les experts, bénéfique. La Rejoice Dia language Academy (RDA) l’expérimente à Tanda, dans l’Est ivoirien. Koné Amadou, maire de Tanda, est l’initiateur du projet. Politikafrique.info l’a rencontré le 30 juin 2016 à Abidjan-Treichville. Cet ingénieur de formation a travaillé pour une compagnie de télécommunications aux Etats Unis, avant de rentrer en Côte d‘Ivoire en 2013. Il décide de mettre son expérience américaine au service de ses administrés. « Mon idée était de permettre aux enfants démunis d’avoir accès au système de formation américaine. J’ai eu des partenaires qui avaient la même vision et nous nous sommes lancés », se souvient-il.

L’école primaire privée, tout en en anglais, ouvre ses premières classes en 2014. L’effectif est de 25 élèves par classe, du CP1 au CE1. Pour l’année scolaire 2016-2017, le CE2 sera ouvert. Poursuivre jusqu’en Terminale, telle est l’idée. Avec comme objectif, de faire suivre aux enfants de Tanda des études universitaires aux Etats-Unis. Déjà au CP1, les enfants ont droit à l’outil informatique. Ils apprennent l’anglais avec l’accent américain. « Les enseignements sont faits par des américains. De jeunes volontaires américains séjournent à Tanda toute l’année scolaire. C’est comme si le matin, l’enfant de Tanda s’envole aux Etats Unis et rentre le soir. C’est le même enseignement », commente le maire. Koné Amadou est surtout séduit par le « skill based education », c’est-à-dire l’éducation basée sur le talent individuel de l’enfant. A l’en croire, la méthode a des retombées positives : « Nos enfants ont obtenu les meilleurs résultats de la région », se félicite-t-il.

Pour rester dans l’objectif de l’éducation pour tous, l’école adopte des tarifs sociaux et accepte les subventions municipales. Un orphelinat y est prévu. Les orphelins admis dans ce centre seront sponsorisés pour étudier gratuitement en anglais jusqu’à l’université.

« Le monde est devenu un village planétaire, la langue la plus parlée est l’anglais. Un atout majeur, peu importe qu’on soit scientifique ou littéraire. Les pays les plus développés parlent l’anglais comme la Chine et les Etats unis. Le développement se fera en anglais », explique-t- il.

Pour lui, il faut généraliser le modèle de Tanda à toute la Côte d’Ivoire. «L’anglais est une langue qui est facile à apprendre. On peut mettre un accent particulier pour permettre aux enfants de faire de l’anglais une priorité. Cela peut faciliter l’accès aux postes à l’international », conseille-t-il.

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                                                                                          CRÉDIT : DR

Le mardi 5 juillet 2016, débutent les épreuves orales du baccalauréat ivoirien. Pour le maire de Tanda, « L’anglais est comme l’outil informatique, on ne peut pas s’en passer. Que les enfants comprennent que c’est un bien qui va leur servir à devenir de meilleures personnes. »
Sékou Dao, professeur d’anglais au Lycée municipal Attécoubé, joint par politikafrique.info, ajoute que l’anglais est davantage compétitif au seuil de la vie professionnelle. « Le niveau de nos élèves dans l’ensemble est très faible. Il faut qu’ils lisent beaucoup les manuels en anglais et apprennent à parler l’anglais entre eux-mêmes. (…) Avec le niveau Terminale, les candidats au baccalauréat sont au seuil de la vie professionnelle. L’anglais devient incontournable », insiste-t-il.

Un avis de recrutement paru dans Fraternité Matin le 1er juillet 2016, insiste sur la traduction de CV en anglais. « Société de transport routier recrute Directeur général, (…) : NB : Lettre de motivation et CV rédigés en français et en anglais à envoyer ». André Silver Konan, journaliste ivoirien et Conseiller du Premier Ministre Duncan, se souvient de sa sélection par le magazine Jeune Afrique : « l’anglais a été un atout pour mon recrutement à JA. Parmi les conditions, il fallait parler couramment l’anglais et savoir l’écrire. Quand l’ONUCI recrutait pour sa branche media, des confrères ne pouvaient pas postuler parce qu’ils ne maîtrisaient pas l’anglais », se rappelle-t-il. Joint également par politikafrique.info, Ange Kessi, Commissaire du gouvernement, témoigne de l’utilité de l’anglais dans son travail. « Lorsque les magistrats militaires du monde se réunissent, les débats ont lieu en anglais. En tant que commissaire du gouvernement, l’anglais est notre outil de travail à l’international », fait-il savoir.
Alors ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique, Gnamien Konan prévoyait d’imposer l’anglais et l’informatique dans toutes les filières. Son projet n’a pu voir le jour avant son affectation au département des Logements Sociaux. Une spécialiste du cabinet de recrutement DRH-Conseils contactée, insiste sur l’importance de l’anglais.
« Il est important pour les candidats à l’emploi de mettre leur niveau d’anglais à jour. Certains postes clés recommandent qu’on sache parler cette langue et de plus en plus de recruteurs insistent aujourd’hui sur cet aspect », prévient la spécialiste.

Nesmon De Laure

Article publié en collaboration avec POLITIKAFRIQUE.INFO 

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