GABON : Jean Ping « On me reproche d’avoir utilisé un ivoirien pour m’aider à connaitre les résultats réels [ ] »

Le jeudi 8 septembre dernier, Jean Ping a déposé un recours devant la cour constitutionnelle du Gabon, pour contester les résultats proclamés par la Commission Nationale électorale (Ceni). Dans un entretien téléphonique accordé à Œil d’Afrique, le candidat revient entre autres sur les motivations d’une telle action et sur le cas ivoirien (2010-2011), alors qu’il était président de la commission de l’Union africaine.

Recomptage oui ou non !

Après la proclamation des résultats officiels provisoires par la Commission nationale électorale, une vague de violence a secoué plusieurs villes du Gabon, occasionnant de nombreuses pertes en vie humaine et des dégâts matériels. Du coté de Ali Bongo, déclaré vainqueur d’une courte tête avec 49,80% des voix, comme de celui de Jean Ping, l’on se rejette mutuellement la faute.
Pour justifier le bien-fondé de son recours déposé auprès de la cour constitutionnelle pour exiger un recomptage des voix, Jean Ping a mis en avant la participation des institutions internationales au processus :

« C’est assez simple, tous nos interlocuteurs, notamment extérieurs nous disaient qu’il fallait utiliser les instances juridictionnelles qui sont ici. Nous avons quand même, connaissant comment fonctionnent nos institutions, demandé la garantie que les institutions internationales, l’Union européenne et autres, aident au comptage » a-t-il confié. Cependant, il admet que « la voie juridictionnelle est considérée comme la Tour de Pise qui penche toujours vers le pouvoir ».

Ali Bongo-Jean-Ping- Gabon-Regionale.info

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Le cas ivoirien

Dans la crise que traverse le Gabon depuis le scrutin présidentiel, la question de l’ingérence de certains pays est plusieurs fois revenue. C’est le cas de la Côte d’ivoire dont l’un des ressortissants, en la personne de Sihifowa Yéo, doit comparaitre devant la justice pour son rôle présumé dans la « fabrication de faux procès-verbaux, la mise en place de collecte de données et la falsification de résultats ». Jean Ping s’en défend et dit ne pas comprendre ce qui lui est reproché : « On me reproche d’avoir utilisé un ivoirien pour m’aider à connaitre les résultats réels de la campagne mais Ali, qui l’aide ? » questionne-t-il.

En 2011, au fort de la crise post-électorale dans laquelle la Côte d’ivoire s’était enlisée, Jean Ping alors président de la commission de l’Union africaine, avait conduit une délégation auprès des deux protagonistes, qui avait finalement refusé le recomptage des voix envisagé par le Camp Laurent Gbagbo, face à son opposant d’alors, le Président Alassane Ouattara. Selon lui, l’Union africaine n’a fait que « garantir la paix » : 

« L’union africaine est une institution qui n’est pas supranationale et qui est dirigée par les chefs d’État. La commission de l’Union Africaine ne fait qu’exécuter les décisions des chefs d’État. D’abord la CEDEAO avait reconnu que c’est Ouattara qui a gagné les élections. L’ONU avait reconnu que c’est Ouattara qui avait gagné les élections. La France, tout le monde a reconnu que c’est Ouattara qui a gagné les élections. L’union africaine a emboité le pas à la CEDEAO. A partir de là, la chose qu’il convenait de faire, c’est de garantir la paix. Et ce que nous avons fait, c’est de trouver une porte de sortie » s’est-il défendu.

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2 réponses sur “GABON : Jean Ping « On me reproche d’avoir utilisé un ivoirien pour m’aider à connaitre les résultats réels [ ] »”

  1. Que dit la côte d’Ivoire face aux accusations gabonaises??? Le Gabon est-il devenu un pays au dessus de l’UE? Pourquoi la France et les États unis ne se prononcent pas directement face à la situation actuelle du Gabon?

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