Immigration : Un ivoirien jugé en Espagne pour avoir fait passer la frontière à son fils dans une valise

Les faits remontent à 2015. Un petit de garçon de 8 ans est retrouvé dans une valise, au poste-frontière de Ceuta, ville Espagnole située non loin du Maroc. Son père, un ivoirien de 45 ans, sera arrêté un peu plus tard alors qu’il venait récupérer l’enfant. Il sera jugé ce mardi 20 février, à Ceuta, pour avoir mis la vie de son fils en danger.

C’est le 7 mai 2015, au poste-frontière de Ceuta, que les gardes en charge du contrôle font une découverte surprenante dans une valise. Le scanner laisse apparaître une masse recroquevillée. Les minutes suivantes les mettront en face d’un bambin âgé d’à peine 8 ans. Ce dernier, du nom de Adou est sain et sauf. Le lien sera vite fait avec son père.

Tentative désespérée

Ali Ouattara, un ex-professeur de de Philosophie et de français à Abidjan a quitté la Côte d’Ivoire en 2006, et a rejoint l’Espagne clandestinement. Après qu’il ait obtenu un titre de séjour, il réussit à faire venir sa femme et leur fille auprès de lui. Il ne manquait plus que le petit Adou resté en Côte d’Ivoire, pour que la famille soit réunie. Mais toutes les tentatives de l’homme restent vaines :

« l’administration espagnole m’avait refusé quatre fois sa venue [ ] Je gagnais plus de 1 300 euros par mois dans une laverie, mais ils disaient que ce n’était pas suffisant » explique-t-il pour justifier sa décision.

Photo fournie par la Police Espagnole / © AFP 

L’homme a donc recours à des passeurs pour faire venir son fils. Mais les choses ne se passeront pas comme il l’avait prévu. Selon lui, il a été « trompé » par les passeurs à qui il a versé le montant de 5.000 euros. Il était prévu que l’enfant rejoigne Madrid par avion, et que le passage du poste-frontière de Ceuta se fasse en voiture soutient-il. Pour M. Ouattara, l’arrivée de son fils en Espagne était une nécessité, d’autant que « s’il restait en Côte d’Ivoire, il n’avait plus personne pour s’occuper de lui après la mort de sa grand-mère. »

Trois ans de prison requis

Le parquet réclame une peine de trois ans d’emprisonnement contre le père de l’enfant. Il lui est reproché d’avoir « facilité l’entrée irrégulière en Europe de son enfant en mettant sa vie en danger ». Mais l’homme reste confiant :

« Je vais à ce procès très confiant parce que je ne suis pas un trafiquant d’êtres humains. Je n’allais pas trafiquer avec mon propre enfant », a-t-il confié à l’AFP.

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Depuis lors, Ali Ouattara est interdit de quitter le territoire Espagnole. Quant à sa femme et à ses deux enfants, ils résident en France. Tous attendent, plein d’espoir, le verdict du tribunal, qui devrait être connu ce mardi.

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