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dimanche 21 avril 2019
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Bénin/ Jean-Baptiste Élias, Président du FONAC: «Pour sauvegarder la paix dans le pays, rien n’est trop tard»

Samedi 06

Vendredi passé, le Benin est entré en campagne électorale en vue des législatives prévues pour  le 28 avril. Scrutin pour lequel toutes les listes de l’opposition ont été disqualifiées seul deux partis de la mouvance présidentielle sont en liste. La colère de l’opposition et inquiétude de la société civile face à cette situation. Jean-Baptise Elias, le président du FONAC (Le Front des Organisations Nationales de Lutte contre la Corruption) il répond aux questions de notre consœur Carine Franck sur RFI

                                                                                                                              Le président du FONAC se prononce sur la situation politique du Bénin ©/DR

Carine Franck : Jean Baptiste Elias bonjour.

Jean Baptiste Elias : Bonjour

Carine Franck : Pourquoi êtes-vous aussi inquiet ?

Jean Baptiste Elias : Il semble, avec ce qui se passe actuellement, il n’aura qu’un seul son de cloche au parlement pour légiférer. De ce point de vue, il n’y aura une place contradictoire. Il n’aura donc que la pensée unique. Toute chose que nous avons refusée au Benin depuis les années de la dictature militaro-macis. Quand les dérives s’installent, les lois qui seront prises ne sont pas forcément  dans l’intérêt du peuple. Et la démocratie risque de tourner en dictature  et ça c’est clair pour tout le monde. et ça inquiète tout le monde.

Carine Franck : Comment en est-on arrivé là, selon vous à qui la faute ? Est-ce que c’est le président Talon  n’aurait pas été sincère ? Est-ce que c’est l’opposition qui ce serait montré jusqu’auboutisme ? Est-ce la faute des politiciens  manière générale ?

Jean Baptiste Elias : Pour nous, que la faute soit à droite ou à gauche, nous cherchons à savoir qui peut donner la réponse,  qui peut donner la solution. Celui qui a la clé pour donner la solution afin que l’apaisement que nous souhaitons au Benin puisse avoir lieu, c’est le président de la république. Le chef de l’Etat en disposition article 68 de la constitution peut prendre une ordonnance pour permettre en veilleuse les grandes lois qui posent problèmes.  à savoir le code électoral et la charte des partis politiques afin que tout le monde puisse aller aux élections c’est de ça qu’il s’agit.

Carine Franck : Prendre une ordonnance c’est l’article 68 de la constitution du pouvoir exceptionnel en cas par exemple de non fonctionnement des institutions. Mais aujourd’hui les institutions fonctionnent, ce n’est pas un article préventif explique-t-on du côté du pouvoir.

 Jean Baptiste Elias : Non, dans ce pays au Benin les chefs d’Etats ont bel et bien pris une ordonnance pour promulguer le code des marchés publics.

 Carine Franck : Vous voulez dire que c’est banalisé ?

Jean Baptiste Elias : C’est banalisé bien sûr. Et une fois qu’on a fait ça dans ce pays une situation qui est en train de chercher à paralyser le pays, à paralyser le nouveau parlement. Prendre une ordonnance pour ça, à notre avis nous, de la société civile, nous estimons que c’est nécessaire. il fallait le faire.

Carine Franck : Justement s’il refuse ?

Jean Baptiste Elias: Beuh, ça serait la mort dans l’âme que nous, organisation de la société civile, nous allons constater le refus du chef de l’Etat. Mais nous estimons, nous avons toujours espoir.

Carine Franck : Mais est-ce que ce n’est  pas trop tard aujourd’hui la décision semble prise, le processus électoral est lancé.

Jean Baptiste Elias : Pour sauvegarder la paix dans le pays rien n’est trop tard.

Carine Franck : Pendant ce temps, l’opposition menace. Pas d’opposition pas d’élection dit-elle, n’est-ce pas la politique du pire ?

Jean Baptiste Elias : Malheureusement, nous ne souhaitons pas  ça pour le pays. S’ils vont aux élections qu’ils sont battus, ils vont se ranger. Mais les empêcher d’aller aux élections, ils vont se prévaloir de ça pour faire ce que nous ne souhaitons pas hélas.

 Carine Franck : Que peut faire selon vous la société civile dans ce cas de figure ?

Jean Baptiste Elias : Elle ne peut rien faire puisqu’elle ne peut pas obliger le chef de l’Etat à prendre la décision que nous proposons.

Carine Franck : Pas question de rejoindre l’opposition dans des appels à manifester ?

Jean Baptiste Elias : Non non, il n’est pas question pour nous autres d’appeler à manifester, nous ne sommes pas dans des partis politiques ni de la mouvance ni de l’opposition. La société civile ne peut qu’exhorter les uns et les autres au calme pour qu’il ait la paix dans le pays.

Carine Franck : Est-ce que ce risque de trouble est vraiment réel, y’a pas de signe aujourd’hui ?

Jean Baptiste Elias : Mais, c’est le calme qui est trompeur, il y’a une formule simple qui dit frustration plus frustration égale  détonation. Et ce point de vue, nous nous sommes dans le peuple et nous interrogeons les gens, nous les voyons, l’inquiétude est là, personne  ne peut préjuger de ce qui va se passer.  

Carine Franck : Jean Baptiste Elias, merci.

Jean Baptiste Elias : Merci à vous aussi.

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