L’Afrique du Sud tourne le dos à la CPI

Dans un courrier adressé à l’Organisation des Nations Unies (ONU), datant du mercredi 20 octobre, la République de l’Afrique du Sud a annoncé qu’elle va se retirer de la Cour Pénale internationale (CPI). Ce retrait devrait prendre effet dans un an, dès réception du courrier par le secrétaire général de l’ONU.

L’Afrique du Sud évoque une « incompatibilité »

Le courrier adressé au secrétaire général de l’ONU est signé par la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Maite NKoama-Mashabane. Il en ressort que l’Afrique du Sud estime que « ses obligations au regard de la résolution pacifique des conflits étaient parfois incompatibles avec l’interprétation donnée » par la CPI. Cela explique donc son retrait. L’information n’a pas tardé à être confirmée par le gouvernement de la nation arc-en-ciel.

Déjà en 2015, l’Afrique du Sud avait menacé de se retirer de la CPI, suite à la polémique qu’avait suscitée son refus d’exécuter un mandat d’arrêt émis contre le président soudanais Omar el-Béchir, alors en visite dans le pays. Quand bien même qu’un tribunal de Pretoria interdisait que le Président Soudanais quitte le territoire, le President Jacob Zuma avait dû faire un forcing pour le laisser reprendre son vol. Cet incident diplomatique justifié par la volonté de respecter l’immunité présidentielle de Omar el-Béchir avait fait grand bruit.

South African President Zuma waves at national memorial service for Mandela in Johannesburg
 Jacob Zuma, Président de la République d’Afrique du Sud / © DR

La CPI de plus en plus critiquée

Seulement 3 jours après la promulgation de la loi portant retrait du Burundi du Statut de Rome, par le Président Burundais Pierre Nkurunziza, l’Afrique du Sud vient ainsi de donner de la voix. De plus en plus, de nombreuses critiques s’élèvent contre ce que certains qualifient de « justice du deux poids-deux mesures » de la CPI ». Lors du 26e sommet de l’Union africaine, le Président kenyan avait même proposé l’élaboration d’une feuille de route pour un retrait de la CPI » pour les 34 États africains faisant partie de l’organisme, qui a d’ailleurs été adopté à la grande majorité.

Du côté des défenseurs des droits de l’homme, la décision de l’Afrique du Sud est très mal perçue : « elle démontre un mépris surprenant pour la justice de la part d’un pays longtemps vu comme un leader mondial en matière de justice pour les victimes des crimes les plus graves » précisé un communiqué de Human Rights Watch (HRW).

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