Massacre de 13 jeunes en Casamance : « Ils nous ont fait coucher à plat ventre et ont commencé à tirer » (Rescapé)

Un massacre a eu lieu le Samedi 6 décembre 2018, en Casamance, une région au sud du Sénégal. 13 jeunes gens ont trouvé la mort dont dix par balle, deux par arme blanche et un brûlé. Sept autres jeunes ont été blessés par balles, au nombre desquels un blessé grave.

Le massacre qui a eu lieu en Casamance a suscité une vague d’indignation à travers tout le Sénégal. Ce massacre d’une rare cruauté donne froid dans le dos. Les assaillants ont pris le soin de réunir les jeunes gens, avant procédé à une exécution de masse, comme l’explique un rescapé :

« Nous étions partis chercher du bois de chauffe. Ils étaient une vingtaine, nous ont fait descendre de nos vélos, nous ont fait asseoir par terre puis enlever nos chaussures. Ça a duré de 07H00 (GMT et locales) à 13H00 [ ] Ils nous ont fait coucher à plat ventre et ont commencé à tirer [ ] Trois tirs m’ont atteint au pied et au dos ».

                                               Image utilisée à titre d’illustration / © DR 

La grande question qui se pose, c’est de savoir les circonstances de cette tragédie. A cette question deux versions sont avancées. La première version confirmée par les témoignages de rescapés soutient que cette attaque une est un règlement de compte opposant des villageois à des exploitants clandestins de la forêt classée de Toubacouta.

En effet, un certain nombre de jeunes du village aux alentours de la forêt se sont réunis en comité afin de monter la garde. Ces derniers procèdent alors à la collecte de taxes sur les arbres abattus. C’est donc le motif financier qui est à la base de cette tuerie, comme l’a expliqué l’un des survivants :

« Les membres de ce comité sont, eux aussi, des exploitants clandestins comme nous. Ce sont eux qui nous vendent des troncs et, depuis plus de 20 ans, tout le monde est au courant. Nous payons 10 000 francs CFA (environ 16 euros) pour la patente et 2 500 francs CFA (environ 4 euros) pour la caisse du village. Cela fait 20 ans que cela dure. Mais depuis que nous avons compris que la forêt nous appartient tous, nous avons refusé de payer les taxes. Voilà la cause du malentendu… ».

D’un autre côté une source sénégalaise proche de la médiation et interrogée par l’AFP, a expliqué que ce massacre est survenu au lendemain de la libération par l’armée de deux combattants du MFDC, dont celle de Salif Sadio du « Front Nord », à laquelle le groupe armé appartiendrait, et celle de César Atoute Badiate, qui dirige le « Front Sud ». Faut-il voir en cela un lien évident ?

Le gouvernement sénégalais n’a pas donné de version officielle mais a plutôt joué la carte de l’apaisement, appelant la population de la région à ne point céder à la peur. Afin de démontrer son engagement à faire régner l’ordre et la sécurité sur l’ensemble du territoire national, depuis l’attaque du samedi, l’armée a déployé une compagnie d’environ 150 parachutistes afin d’évacuer les victimes et traquer les auteurs de ce massacre.

« L’armée vient encore de se déployer ce matin (dimanche) et procède à un ratissage en profondeur. On entend des coups de feu », a témoigné un habitant du village de Bourafaye Baïnouk.

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