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vendredi 18 janvier 2019
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[ Opinion Libre ] Madame la Ministre Affoussiata Bamba, vous devez démissionner !

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Madame la Ministre, 

C’est avec énormément de respect que je me permets de vous adresser ces quelques mots. Ils ne vous parviendront peut-être pas, mais j’ose espérer que si quelqu’un  de votre entourage parvient à les lire, la substance de mon message pourra arriver jusqu’à vous. C’est mon souhait, et peut-être celui de milliers d’Ivoiriens.

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt la campagne des législatives. Comme la plupart des Ivoiriens, la circonscription de Cocody n’a pas manqué d’attirer ma curiosité. Le choc qui s’y préparait méritait que je réquisitionne mon attention, afin de ne rien rater de ce qui serait, peut-être, un cas qui allait faire école dans la politique Ivoirienne. Alors en tant qu’observateur, je n’ai rien raté du processus. J’ai suivi votre campagne, vos meetings, vos déclarations, et je tenais à ce niveau à vous féliciter pour le travail abattu. Vous, où devrais-je dire votre base arrière politique, le Rassemblement des Houphouetistes pour le Développement et la Paix (RHDP), n’a pas lésiné sur les moyens pour vous assurer une campagne des plus remarquables. Et c’est de bonne guerre !

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 Affoussiata Bamba Lamine, Ministre de la communication et porte-parole adjointe du gouvernement / © DR

Par contre, ce que je n’ai pas vraiment compris tout au long de cette campagne qui faisait rage dans un camp comme dans l’autre – je fais ainsi allusion au camp de votre principal adversaire, Yasmina Ouégnin, c’est de constater que vous vous sentiez obligée de justifier que vous « méritiez » aussi de vous présenter à Cocody, et cela en tentant d’apporter des preuves. Dès cet instant,  il a commencé à trottiner dans mon esprit, la petite pensée selon laquelle vous n’avez pas vraiment eu le choix, et que la décision de vous présenter à Cocody est venue d’en haut. Que pouviez-vous bien faire face à une telle décision ? Une fois de plus, peut-être que je me trompe, j’expose simplement mes appréhensions. 

Sur les réseaux sociaux aussi, votre équipe de campagne a mis les bouchées doubles. La campagne était si bien menée que l’on avait l’impression que les élections législatives n’avaient lieu qu’à Cocody. Ce sentiment s’est d’ailleurs décuplé lorsqu’au lendemain du scrutin, le lundi 19 décembre,  les résultats de Cocody étaient les plus attendus de tous. Ou du moins, des résultats attendus par de tous ceux qui n’étaient pas dans le secret des dieux car, à bien observer le déroulement des événements, on en arrive à conclure que vous aviez une autre Commission Electorale qui se chargeait de vous délivrer des résultats avant que la commission officielle ne le fasse. Peut-être trouviez-vous,  madame la ministre de la communication et porte-parole adjointe du gouvernement, cette commission dirigée par Youssouf Bakayoko trop lente ? Alors vous avez décidé de prendre les choses en main et de délivrer tout le monde en prenant le devant des choses.

J’imagine, c’est ce qui se fait ailleurs, que vous avez la main sur votre service de communication, et que vous êtes pleinement consciente du fait que chaque action que votre équipe pose en utilisant votre image, engage votre personne, madame la ministre de la communication et porte-parole adjointe du gouvernement. Comment en êtes-vous arrivée à commettre une si lourde faute ? Vous avez trouvé opportun d’utiliser les réseaux sociaux –  pour lesquels vous savez que l’intérêt des ivoiriens est grandissant, puisque vous les avez pleinement intégrés dans votre campagne – pour vous auto-proclamer députée élue, alors même qu’aucun chiffre officiel n’avait encore été délivré par la CEI. Comment parvient-on à faire ce pas acrobatique en portant la lourde charge de ministre de la communication sur ses épaules ? Comment arrive-t-on à le faire, sans se soucier des conséquences qu’une telle action pourrait  avoir sur la suite du processus ? J’avoue que je ne trouve pas de réponses claires, peut-être pourriez-vous nous en donner, car je ne suis pas le seul à chercher des réponses à cette heure-ci. Mais l’erreur est humaine, faisons donc violence sur nous et mettons cela sur le compte de l’euphorie et de l’effet combiné des cris de la foule qui voulait vous pousser à dire ce qu’elle désirait entendre. 

Une fois que cette erreur est commise, comment s’arrange-t-on pour avoir le culot d’utiliser le compte officiel d’une ministre –  sur ce coup limitons nous au statut de candidate aux législatives et on justifiera ce choix par le fait que vous teniez tellement au siège de Cocody, que vous aviez oublié celui qui vous revient au sein du gouvernement, le cumul de poste a aussi ses effets pervers – pour répondre à un commentaire dans un niveau de langue que même un élève réfléchirait par deux fois avant d’utiliser : « on s’en fout ». Seriez-vous en train de signifier que vous n’accordez aucun crédit aux institutions ivoiriennes, pays qui vous a fait l’honneur d’occuper un poste dans son gouvernement ? Sous d’autres cieux c’est tout simplement inadmissible et vous auriez déjà été rappelé à l’ordre ! 

Là encore, il était possible de tenter un coup de sauvetage qui aurait peut-être marché. La bienséance  aurait souhaité que la vidéo dans laquelle vous vous auto-proclamiez députée élue de Cocody, soit retirée dès l’instant que votre trop grande dose d’émotion était retombée. Mais c’était sans compter avec votre attitude à « vous en foutre », et  tout porte à croire que cela faisait partie de votre stratégie pour remporter ces élections. La thèse de l’erreur est donc à écarter de facto. De plus, à y regarder de plus près, l’on se pose la question de savoir quels chiffres étaient à votre disposition lorsque vous et vos partisans jubiliez au sein de votre QG de campagne ? L’écart est si remarquable au regard des resultats proclamés par la CEI que les questions fusent par milliers. 

Madame la ministre, maintenant que le mal est fait, il serait peut-être temps de stopper un peu la machine et de regarder un tout petit peu ce qui se passe autour de vous, d’écouter ce qui se dit aussi. Au nom des institutions ivoiriennes que vous avez bafouées, au nom des populations de Cocody que vous avez tenté d’induire en erreur, au nom de vos propres militants à qui vous avez miroité une joie qu’ils ne vivront, peut-être, que dans cinq ans au plus tôt, et au regard de la faute lourde que vous avez commise, vous devez démissionner. Oui vous devez rendre votre démission de ce poste de ministre de la communication que vous avez déshonoré.  Au nom du peuple Ivoirien et par respect pour ceux que vous administrez, vous devez rendre votre démission madame la ministre.

S’il est vrai qu’une faute, aussi lourde soit-elle, peut être pardonnée, le pardon lui vient en fonction de l’attitude de celui qui commet la faute. Depuis la proclamation des résultats, de votre coté c’est silence radio. Pourtant, nous méritions bien une excuse, nous méritons toujours une excuse sincère. Maintenant c’est trop tard, ce que nous voulons, c’est tout simplement votre démission. Les Ivoiriens vous regardent madame la ministre. L’histoire, elle, retiendra !

A. Paterne  

Ingénieur statisticien 



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