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mercredi 21 février 2018
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Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, l’assassinat de Kadhafi « est aussi un crime de guerre »

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Les langues se délient sur les circonstances de la mort du guide libyen, Mouammar Kadhafi, presque 5 années après sa chute. La dernière déclaration en date est celle du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui soutient que l’assassinat de l’ex-chef d’État est un crime de guerre. Retour sur les circonstances troubles d’une mort aux conséquences importantes, voire désastreuses.

Des circonstances pour le moins troubles…

Aux dires de Sergueï Lavrov, la force militaire de l’OTAN (l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) est allée au-delà de ses prérogatives lors de son intervention en Libye. Pour lui, il est évident qu’un crime de guerre a été commis par la coalition.

« Là aussi il y a eu une erreur, une erreur non pas parce qu’ils (l’Occident, ndlr) ont violé le mandat du Conseil de sécurité (de l’Onu, ndlr), qui n’était destiné qu’à fermer le ciel, qu’à ne pas laisser l’aviation voler. Mais ils n’ont fait que bombarder à partir du ciel, et finalement ils ont brutalement tué Kadhafi. Peu importe l’attitude qu’on peut avoir envers lui, c’est aussi un crime de guerre ».

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                                Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères / CREDIT : DR

Retour sur les faits

Favorisé par le mouvement du printemps arabe, le processus qui aboutira à la chute de Mouammar Kadhafi démarre en février 2011 avec des protestations populaires. S’en suivront des actions milliaires, favorisées par la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui ont fini par aboutir à l’intervention de la force militaire de l’OTAN avec en tête de file la France, dirigée alors par Nicolas Sarkozy. Dans le cadre de cette résolution, la force de l’OTAN était autorisée à participer à un zone d’exclusion aérienne visant à protéger la population et les zones civiles menacées d’attaques en Jamahiriya arabe libyenne, pour mettre fin à la rébellion, connue sous le nom de printemps arabe, composée de plusieurs combattants ayant fait défection de l’armée régulière. Menée par le Conseil National de Transition (CNT), cette force financée par des Etats étrangers, notamment le Qatar revendique le départ sans conditions du pouvoir de Mouammar Kadhafi. Le pays bascule dès lors dans une crise sans précédent.

Le 20 octobre 2011, les forces favorables au départ de Kadhafi annoncent l’avoir capturé dans la ville de Syrte. L’information officielle fait état de ce que sa capture lui a occasionné plusieurs blessures graves. L’image de son corps ensanglanté diffusé par l’Agence France Presse fera le tour du monde.
Pourtant, de l’avis de la famille de Mouammar Kadhafi, des hélicoptères de l’OTAN ont bombardé son convoi alors qu’il ne représentait aucun danger. A travers le monde, plusieurs voix, dont celles de certains membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, s’élèveront pour dénoncer une action en violation des Droits de l’Homme et du droit international. Sans plus.

kadhafi-regionale.info

                                                           Mouammar Kadhafi / CREDIT : DR

« La guerre libyenne » et ses conséquences graves

La chute du régime de Muhammar Khadafi n’est pas sans conséquences, notamment en Afrique et indirectement en Europe. Hormis l’instabilité politico-sociale de laquelle le pays peine à sortir, c’est la Bande Sahélo-Sahélienne (BSS) qui a été frappée de plein fouet par la prolifération d’armes lourdes et légères.

La guerre qui a secoué la Libye a vu l’exode de plusieurs combattants provenant des pays de la BSS, vers cette nation puissante et riche de son pétrole. Après la chute du régime de Kadhafi, bon nombre des combattants ont trouvé le besoin d’élire domicile ailleurs, munis de puissantes armes et de ressources financières plus ou moins consistantes. Comme le stipule un rapport publié en janvier 2012, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU exprimaient « leurs inquiétudes concernant la situation humanitaire et sécuritaire au Sahel ». Ce rapport évoquait notamment « le retour de 400.000 migrants revenus de Libye ».

Lire aussi : L’armée nigériane fait une saisie d’armes et de munitions appartenant à Boko Haram

L’un des premiers pays à payer le lourd tribu de ce « retour au bercail » est le Mali. En un temps très bref, l’on a assisté, dès 2012, à la multiplication d’exactions sur les populations du Nord du pays, par les membres du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), puis un peu plus tard par les islamistes de Ançar Dine.

                                                    Des combattants de Boko Haram / CREDIT : DR

En fidèle défenseur de la Charia, il fallait voir venir une collusion avec les islamistes de Boko Haram, dont le terrain d’action se concentre principalement, dans les régions Nord-Est du Nigeria et au Cameroun. Puis en 2015, Boko Haram fait allégeance à l’État Islamique (EI). Selon Mohamed Dayri, ministre des Affaires étrangères libyen qui s’exprimait en 2015 : « les liens étroits entre Boko Haram et d’autres mouvements terroristes au Sahel d’une part, et Daesh de l’autre, sont déjà établis ».

Lire aussi : Le « G5 du Sahel » lutte contre les groupes armés terroristes sur l’ensemble de la bande Sahélo-Saharienne

Une autre source citée par Jeune Afrique faisait état de ce qu’au cours de cette même année (2015), « une soixantaine d’éléments de Boko Haram se serait infiltrée en Libye [ ] et aurait rejoint Syrte, le fief de l’EI ».
Plongée dans une instabilité qui perdure, la Libye se présente comme une excellente base arrière pour ces forces en perte de vitesse.




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