Simone Gbagbo, au sujet de la tuerie d’Abobo : « Je veux voir les corps »

Mercredi 1er Juin 2016, au deuxième jour du procès de Simone Gbagbo qui se déroule devant la cour d’assises du tribunal du plateau, l’ex-première dame de Côte d’Ivoire qui doit répondre de trois chefs d’accusation a été entendue. Durant près de 2 heures, elle a effectué sa déposition.

Sous le coup d’une peine d’emprisonnement de 20 ans pour atteinte à la sûreté de l’Etat, Simone Gbagbo comparait pour la seconde fois devant la justice ivoirienne, pour « crime contre l’humanité », « crimes contre les prisonniers de guerre » et « crimes contre les populations civiles ». Dès l’entame du procès, elle a plaidé non coupable. Elle restera dans cette logique lors de sa déposition.

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                                                        Simone Gbagbo / CREDIT : DR

Retour sur le déroulement des élections 

En amont de toutes les accusations qui lui sont reprochées, Simone Gbagbo met en avant une situation qui « est née du refus de M. Alassane Ouattara, aidé des autorités françaises, de respecter la Constitution ivoirienne ». Pour elle, le vainqueur de l’élection présidentielle de 2010 est Laurent Gbagbo. Elle n’a pas manqué de revenir sur sa version du déroulement des élections présidentielles et les événements qui en ont découlé, tout en rendant hommage à toutes les victimes.

« Youssouf Bakayoko, président de la CEI a fait une proclamation solitaire des « résultats », contrairement à nos textes, dans le Qg d’un candidat » a-t-elle soutenu. Ainsi, celle que l’on présente comme l’ex-dame de fer du régime Gbagbo, a protesté contre cette attitude qui tente de « tronquer » la vérité, au vu et au su de toutes les parties qui y ont pris part. Pour aller plus loin dans son raisonnement, elle a demandé à la cour de lui présenter les procès-verbaux signés des mains de tous les représentants des partis politiques ayant pris part qui second tour des élections. « La Certification de (Young-jin) Choi ne prévaut pas sur les textes de la Côte d’Ivoire », a-t-elle lâché pour conclure ce chapitre.

Simone Gbagbo, victime de ses bourreaux ?

Lors de sa déposition, Simone Gbagbo s’est présentée comme la victime d’un « complot ». En ce qui concerne, la tuerie d’Abobo dont elle est accusée, elle a émis des doutes quant à la véracité de ces faits : « ça peut exister, j’ai des doutes. Je veux voir les corps, je veux voir les certificats de morts, de blessés », a-t-elle plaidé auprès de la cour.
De plus, sans « super-pouvoirs », a-t-elle indiqué, comment pouvait-elle incité des personnes à commettre des crimes. « Quelqu’un érige des barrages lorsqu’il se sent en insécurité », a-t-elle poursuivi pour répondre aux accusations contenues dans les dossiers du juge d’instruction, quant aux exactions commis par les partisans de l’ex-chef d’Etat ivoirien.

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Simone Gbagbo est aussi revenue sur les circonstances de son arrestation et les traitements qu’elle a subi au Golf hôtel (NDLR : alors qg du RDR). Dénonçant la violation de son immunité parlementaire vu qu’elle était encore député au moment des faits, elle est allée plus loin, soutenant qu’elle a même failli se faire violer à plusieurs reprises.

Selon des sources proches du dossier, ce procès devrait durer autour de 1 mois. Pas moins de 25 témoins à charge se succéderont à la barre.

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